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    En réponse à la question de cet internaute qui se reconnaîtra ;-)

    voici mes quelques sous de connaissances théoriques et pratiques sur le Jeûne.

    Mon avis est loin d'être aussi "éclairé" que ceux/celles qui en ont eu une expérience pratique, autant sur eux mêmes que sur les personnes qu'elles/ils ont accompagnées dans cette.....cette quoi d'ailleurs ? Comment pourrait-on qualifier le Jeûne: d'une pratique de santé? d'un "traitement"? d'une "mode"?

    J'ai effectivement approché le Jeûne par la théorie en lisant pas mal de livres, alors même que je faisais mes études de Médecine. Le sujet m'a toujours intéressé, et il n'était pas abordé à la Faculté. D'ailleurs, tout ce qui relevait des soins par l'alimentation, les plantes, ou les cataplasmes étaient systématiquement méprisés, voire jugés comme dangereux, lorsque pas "hérétiques".

    Bref, il fallait bien que je me forme d'une autre manière. Par la théorie , soit, mais aussi par la pratique......personnelle.

    Mes premiers ouvrages remontent à des bouquins que vous pourrez sans doute retrouver sur certains sites de vente en ligne. Car je pense qu'ils ne doivent plus être publiés. Il y avait Shelton , Bertholet, Grace Gacette, et sans doute Ghandi dans le lot des ouvrages que j'ai pû compulser.

    Je ne voudrai pas ici répéter leurs arguments. Je respecte le travail pratique qu'ils ont réalisés. Je salue leur audace et l' affirmation de leurs convictions. Cela n'est jamais simple, nul part, à aucune époque, de défendre ses idées, encore moins ses pratiques. Je vous invite à aller les lire, sans apriori (si c'est possible?), mais aussi avec la méfiance qui doit caractériser une recherche dans ce domaine. Jamais rien de ce que je vous dit non plus ne doit être pris pour argent comptant. Comme disait le Bouddha "doutez de tout, et surtout de ce que je vous dit". Ce qui ne veux pas dire que je dise forcément des sottises, mais plus simplement que je sois faillible, comme tout un chacun.

    Je vais partir du principe que, par "jeûne", nous entendrons tous , lecteurs et moi même, une "abstinence totale de nourriture solide, l'eau étant simplement permise à volonté". De cette manière, j'exclue les "régimes" du style Gerson (jus de légumes), par exemple, mais aussi les "carêmes" dans lesquels les prises alimentaires sont soit décalées dans  la journée, soit consistent simplement en l'éviction de viande ou d'autre aliment en particulier.

    Le "jeûne" dont je vais parler ici, c'est celui qui consiste à s'abstenir de nourriture, à l'exception de l'eau.

    En fait, c'est un peu ce qui se passe lorsqu'on est atteint d'une maladie aigu, que ce soit une grippe ou un choc psychologique qui bloque l'appétit (mêmes si, chez certains, c'est parfois l'inverse).  Mon opinion et mon expérience dans ce domaine me permettent de dire qu'il n'y a aucun danger à respecter ce jeûne "spontané". Bien au contraire. Qu'en est il pour la crise de polyphagie chez certains? C'est une autre question à laquelle je ne répondrai pas ici.

    Bref, le jeûne "naturel", en ce sens qu'il est l'expression d'un mode de défense de l'organisme, est présent tout au long de la vie. A l'image de la température du corps qui monte pour le sauver d'une agression microbienne, il semble bien que la perte transitoire de la sensation de faim, au cours d'un épisode aigu de maladie, qu'on peut assimiler à un jeûne tel que j'en ai donné la définition plus haut, ne soit clairement pas nefaste, voire salutaire.

    Qu'en est il des troubles de la santé dans lesquels la faim n'est pas perturbée ?

    Pourquoi se mettrait-on à s'abstenir de nourriture, à l'exception de l'eau ? Et pendant combien de temps ? Et que ferai-t-on pendant ce temps ? et comment reprendre la nourriture ?

    Voilà autant de questions qui méritent une bonne dose de bon sens et de l'expérience pratique. 

    Si on voulait "imiter" ce qui se passe dans la Nature (l'image du saumon est souvent reprise par les auteurs concernant le jeûne. Mais du saumon à l'homme il y a le milieu de la mer....... Comme pour les souris d'ailleurs, à partir desquelles on extrapole un peu trop facilement sur l'homme). Donc, si on voulait imiter la Nature, on aurait au moins deux exemples contradictoires: le saumon n'hiberne pas pendant qu'il nage (pas que je sache), et les mammifères qui hibernent engrangent des réserves dans leur graisse pour la consommer pendant les semaines voire les mois de leur abstinence au cours desquels ils dorment......

    Donc: faut il engraisser avant de se mettre au jeûne ? Faut il ralentir son rythme de vie pendant le jeûne ? ou au contraire faut il être sur-actif? (une mode très actuelle associe jeûne et randonnées,.......)

    Et puis, revenons à la question primordiale: pourquoi jeûner ?

    Le jeûne est il une panacée face aux fléaux mortels de notre société?  je rappelle: dans l'ordre, on meurt actuellement, statistiquement: d'abord de cancers, ensuite de troubles cardio vasculaires (infarctus et AVC), et enfin d'accidents de la route. 

    Je n'ai personnellement jamais vu quelqu'un, dans mon expérience clinique, se sauver d'un cancer en jeûnant. J'ai pû par contre, très clairement, observer leurs goûts alimentaires lors des derniers mois: ils sont assez souvent les mêmes: le dégoût de la viande est presque toujours présent. L'appétit est médiocre également, mais c'est parfois le contraire, et j'ai soigné des malades cancéréux polyphages........Aucune des deux stratégies n'a permis de s'en sortir.

    Les troubles cardio vasculaires sont clairement liées à l'alcool, le tabac, la malbouffe, et la confusion dans nos repères de vie, sur le plan émotionnel comme mental (comme dirait Hawking: "cet univers ne serait pas grand chose s'il n'abritait pas ceux qu'on aime"). ça a l'air très naîf, mais l'expérience m'a prouvé que les troubles cardio vasculaires, dont on nous serine à tout bout de champ qu'ils sont la conséquence de l'obésité, du tabac et de l'alcool, m'apparaissent de plus en plus en lien (sauf pathologies congénitales héréditaires bien entendu) avec des perturbations de l'Amour que nous ne savons plus voir, protéger et entretenir. Le progrès technologique et l'économie de marché étouffent les poumons (asthme) et ferment les Coeurs (infarctus et AVC). La cupidité engendrerait elle l'obésité?

    Quant aux accidents de la route........

    Bref, vous l'aurez compris, mon opinion et expérience m'ont clairement montrés que le fait de jeûner n'est pas nocif, lorsqu'il s'agit d'une manoeuvre spontanée du corps,une sorte de refus salutaire , de protection pourrait on dire. Une sorte de reflexe primaire.

    Jeûner sur déçision intellectuelle, c'est sans doute autre chose. Souvenez vous que je vous avais proposé une formule aussi simple qu'efficace pour "sauver le monde" ICI

     Avec le temps, et l'âge, et le recul sur l'expérience, j'ai réalisé à quel point tout ça n'est pas qu'une question de volonté, mais plutôt-je peux encore me tromper- de confusion. Confusion émotionnelle tout autant que mentale.

    Personnellement, j'ai appliqué (je l'applique encore de temps en temps) le principe d'abstinence de nourriture solide une fois par mois pendant 36 heures: un potage de légumes la veille au soir, et rien d'autre que de l'eau à volonté pendant le jour suivant. Reprise de l'alimentation le surlendemain au matin. C'est un rythme qui m'a convenu, sans peine. Mais c'est très personnel.

    Et cela doit être clair: je suis un inconditionnel de la progression en toute chose. Encore plus avec le jeûne. D'abord de courtes périodes. Observer comment le corps et le mental et les émotions réagissent. En tenir compte, et ajuster les prochaines sessions. Cela me paraît INDISPENSABLE à toute approche de santé. De petites doses, espacées, et on observe , on en tire des conclusions pratiques sur chacun, avant d'élever fréquence et dosage. C'est mon côté homéopathique qui ressort sans doute, mais l'expérience m'a prouvé que c'est la voie la plus sûre.

     Je suis monté à 3 jours consécutifs de jeûne, et sans que ce soit suite à un trouble de la santé. Juste "par expérience". C'est le maximum que j'ai fait. La poursuite de l'activité professionnelle était délicate au troisième jour, et j'avoue très humblement que j'étais content de reprendre de la nourriture le 4ème jour. Soigner les autres pendant qu'on jeûne n'est pas une bonne idée.

    Mais revenons à nos moutons et au jeûne en tant que pratique de santé "préventive". Quels sont les gros principes généraux que je pourrai transmettre sans crainte: au moins que 24 à 36 heures d'abstinence ne sont pas nuisibles. C'est un fait.

    Se ré-alimenter est une autre histoire: après une période d'abstinence, on peut penser que les boyaux vont avoir tendance à mieux fonctionner. Question de bon sens: après une période de repos, la reprise d'une activité physiologique est souvent de meilleure qualité: penser simplement à la veille et au sommeil. Donc , à un repos prolongé des intestins peut très bien suivre une meilleure activité, plus saine, mais pas forcément plus discriminante, voire peut être moins.

    Par conséquent, il me paraît nécessaire d'être très prudent sur le mode de reprise alimentaire, en quantitatif comme en qualitatif. Et c'est bien là que le bas blesse. Comment éviter la surcharge en éléments potentiellement immuno-perturbants au moment d'une reprise suite à un jeûne prolongé ?Nous somme à l'ère d'une alimentation de masse. Est il possible pour toutes et tous d'avoir recours à une alimentation des plus PURES après un jeûne prolongé ? Et si oui, pendant combien de temps doit on la conseiller avant de pouvoir recommencer à ingèrer - société oblige- les aliments du "quotidien", tous plus ou moins raffinés et bourrés d'additifs........

    Les avis divergent sur la reprise alimentaire. Je vous laisse faire vos recherches, mais ce n'est pas très clair. Burger peut vous éclairer (ou vous plongez dans la confusion) en étayant le principe de l'"instinctivothérapie". J'ai la crainte que nos instincts mêmes soient en cours de dénaturation, et que nous ne puissions nous y fier avec autan de certitude qu'en période de survie réelle. Personnellement , j'aurai donc tendance, sans l'exclure, à ne pas me fier uniquement à notre "instinct", si tant est que nous puissions le discriminer clairement de nos autres sens au quotidien........

    Le bon sens me dirait de privilégier fruits et légumes en petites quantités, en mastiquant longuement, la digestion commençant dans la bouche. Je crois que c'est le Mahatma Gandhi qui en parle le mieux. Mais il a vécu à une période et dans un lieu où, sans doute, la nourriture n'était pas la même que la nôtre. On ne peut donc pas extrapoler à nos vies sous nos latitudes.

    Je crois que le Jeûne, en tant que thérapeutique, qu'elle soit spontanée ou réfléchie, préventive ou curative, soulève peut être autant d'autres problèmes qu'il n'en règle, de nos jours.

    Mais, sans doute, aucune autre approche n'a le mérite de nous faire reflechir sur le fondamental de nos vies: l'Amour naîf mais sincère, et non pas la charité dévoyée en un vaste buiseness, scellant les consciences bigotes d'un côté, et remplissant les poches des cupides de l'autre, mais l'Amour véritable qu'on ne reconnaîtra bientôt plus désormais, pour ne plus l'avoir connu tout simplement sur cette planète.

    C'est d'ailleurs amusant que ce soit la réflexion sur le Jeûne, plus qu'aucune autre réflexion, qui me fasse "philosopher" sur le sujet de l'Amour, cet élan fraternel qui permet à l'Humain de prospérer en se complétant et s'épaulant, et non de se détruire en se comparant et s'opposant. 

     Je pense qu'il est sain aussi de lire Kousmine. Plus que personne, elle a mis le doigt sur le fait que nos cerveaux sont si mal équilibrés en nutriments que notre reflexion, et nos actes qui en découlent, ne permettent pas d'accèder à la santé mentale, émotionnelle, et physique, par nous mêmes. Si vous la lisez, vous verrez qu'elle utilisait , dans le cas de SEP, de hautes doses de vitamines, avec un certain succès. Elle utilisait aussi la vitamine F (les fameux "omega" si à la mode de nos jours) et avait compris l'intérêt d'entretenir des boyaux de "qualité". Mais j'ignore si elle aborde le jeûne. Voilà une autre piste à explorer.

    Pour moi, le jeûne ne pourrait être considéré comme une panacée. Certainement on peut le considérer comme un moyen de défense lorsque le corps y fait spontanément appel.  Il s'agit de survie. On respecte.

    Pour le reste........

    Docoach

     

     


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    Qu'est ce que le "Qi" ?

    Où se trouve le "Qi"?

    le "Qi", ça sert à quoi?

     

    Autant de questions qui méritaient d'être explorées par un médecin , tant le "Qi" est omniprésent dans la pensée de la Médecine Chinoise, bien plus vieille que la notre.

    Bien avant de commencer mes études de médecine, en France, j'ai cherché à trouver des réponses à ces questions.

    A l'époque, je ne disposai pas d'internet, ni d'une classe sociale digne de Rotchild pour me permettre de voyager.

    Il fallait donc que je parte à la recherche du Qi, à mon endroit. Pas simple.

    Des livres. il y en avait peu. 

    De la pratique. Il fallait mélanger connaissances théoriques et improvisation (ou intuition).

    A ce moment là, les premiers occidentaux prétendant "maîtriser le Qi" (déjà le mot "maîtrise" laissait méfiant.....), étaient sur Paris.

    IL fallait donc se déplacer, mais pas pour rien, les voyages coûtant chers.....

    Et choisir entre le "grain et l'ivraie".

    Assez grossièrement, nous avions le choix entre le monde des compétiteurs des Arts Martiaux "contact", qui associait, certes très peu prosaîquement, mais très concrètement le Qi à leur puissance de frappe, les "tous Chinois" qui avaient hérités de leurs ancètres depuis Lao Tseu, un "fluide" qui leur permettrait de couper du bois sans le toucher(...), souvent les mêmes qui prétendaient "émettre le qi pour guérir du cancer", et les moins extrêmes de ces catégories, qui avouaient "toucher du doigt" une certaine forme de vie, subtile, dont les expressions et implications pratiques étaient encore à découvrir.

    Depuis ces années, j'ai pratiqué et j'ai étudié. Je n'ai jamais prétendu comprendre, connaître ou maîtriser le Qi, sauf dans certaines de ses manifestations pour lesquels ma pratique m'avait conduit à un certain niveau concret de réalisation (le magnétisme, la chaleur psychique,et kundalini en font partie). Et j'ai surtout tenté d'observé les manifestations du Qi chez les autres. 

    La première de mes recherches avait été celle là même que Sylvain Guintard trouvait "très concrête":  augmenter la chaleur de son propre corps par la volonté. Pour l'étudiant en médecine que j'étais à cette période, cette possibilité avait une implication pratique sur le traitement des maladies ( allez fouiller "hyperthermie et cancer" , par exemple, et vous aurez une idée....)

    Des mois de pratiques régulières, chaque jour, à heure fixe. une hygiène alimentaire aussi irréprochable que possible. La mise en pratique de connaissances livresques et de techniques glanées auprès de certains occidentaux. Et puis, la réalisation, et le dépassement de la réalisation. J'avais "trop" bien réussi, et j'arrivai à flatter mon orgueil en montant la température de mon propre corps au point de faire monter la température d'une pièce non chauffée en plein hiver dans laquelle je me trouvais. Et, bien entendu, la pratique "outdoor" en toute sécurité (voir l'article Toumo ou la chaleur psychique)

    Jusqu'à ce que mon corps me donne des "bouffées de chaleur" à des moments innatendus, en dehors de mes séances de méditation ou d'ascèse dans la neige.  A partir de ce moment là, j'ai réduit un peu mon entraînement pour laisser au corps le temps de s'équilibrer à nouveau. (j'ai eu la même expérience sur Kundalini, mais c'est une autre histoire)

    Bref, le Qi, là, c'est "palpable", "vérifiable". On n'est plus dans la philosophie ou dans le "bla-bla" continuel des grands gourous. Et ça fait plaisir aux scientifiquex comme moi et comme Claude Bernard ou Bruce Lee, entre autres: les grands principes généraux qui fonctionnent (ou pas), on les garde, et on avance ! La parlote, on laisse ça aux politiques et statisticiens.......

    Les manifestations du Qi, sur soi mêmes, sont les meilleurs preuves qu'on peut se donner.

    Ce qui ne veut pas dire qu'on ne puisse apprécier les manifestations du Qi chez les autres. J'ai pû observer différentes expressions, subtiles il faut le souligner, du Qi chez différentes personnes: ainsi, chez Daniel, c'était la lumière qu'il était capable de générer dans le cerveau de ses élèves, par simple contact sur le point Yin Tang; chez Pouthasone, c'est le nuage d'électricité qui irradie de ses mains; chez Francis , je perçoit qu'il génère des ondes régulières par ses doigts,lorsque ceux ci dont posés à des endroits bien préçis du corps (points de médecine Chinoise). Ces observations dépendent aussi du ressenti de chacun, c'est bien entendu, mais elles n'en demeurent pas moins des manifestations du Qi.

    Elles ne se cantonnent pas seulement à ça, loin de là !!!

    J'ai retrouvé cette vidéo sur le web, qui est assez ancienne maintenant, mais qui n'a pas pris une ride. 

    Tout n'est pas à prendre pour argent comptant, cela va de soi. Pas plus qu'une "étude scientifique" !

    Les connivences entre pseudo "Maître du Qi" et ses "sujets volontaires" sont aussi nombreuses que celles qui existent entre les auteurs des études scientifiques médicales et leurs financeurs. (il faudra que je parle un de ces 4 de la litterature grise......).

    A la recherche du Qi, il faut se montrer aussi méfiant qu'à la recherche d'une information valable fournie par les études scientifiques de Pubmed !!

     

    Mais il faut aussi prendre le temps de s'éduquer et de pratiquer le Qi. Ses manifestations sont tellement diverses et variées qu'on ne manque pas de mode d'approche qui plaise à chacun.

    Toutefois, la pratique mérite patience, régularité, cadre et une bonne dose d'humilité. A l'image de la fleur qui s'ouvre lorsque la plante a effectué son lent travail de maturation que nos yeux humains ne peuvent percevoir, la pratique du Qi nécessite la même approche. Presque toujours, les résultats éclosent alors qu'on ne s'y attends pas. Et croyez moi sur parole, ou plutôt ne me croyez pas et faîtes votre expérience,  le Qi n'est pas avare lorsqu'il se manifeste........

    Docoach


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    ces années là, nous avions de la neige. beaucoup de neige. A l'époque, il fallait se rendre à domicile pour soigner des problèmes allant de la simple hemorroïde à l'hemorragie cataclysmique de rupture de tumeur du glomus carotidien, en passant par les soins de pansements.

    Cette fois-là, là voici;

    Le réveil sonne: 6h30

    un bref regard par la fenêtre.

    tout est blanc, silencieux.

    petit à petit, sortant de ma torpeur, m'afférant à ma toilette, j'entends les bruits de la ville qui montent doucement. Bruits pas franchement rassurants: on entend les  roues qui pattinent avec tant de peine.......

    Bref, j'arrive à avaler en vitesse le petit déjeuner, et aller hop, il faut sortir pour déblayer, non seulement la voiture, mais aussi et surtout toute la neige qui commence à s'accumuler en blocs, tout autour de la voiture. Vive la pelle!

    Après ce petit exercice matinal, il faut maintenant songer à prendre la route. Fort heureusement, je suis équipé de peumatiques "neige", alors cela devrait aller sans peine........Douce naîveté!

    il me faut plus de trois fois le temps habituel pour arriver au cabinet. Fort heureusement, plus de la moitié des consultations ont été annulées. Mais les domiciles, par contre, c'est une autre histoire. Les consultations , au nombre de deux, ne demandent pas un gros temps de pratique, et je m'affaire rapidos à m'habiller à nouveau pour descendre du cabinet et reprendre la voiture.

    là, c'est un peu le drame: la neige est tombée à nouveau, et il faut redonner des pelletées, pour tracer un sillon qui permette aux roues de la voiture d'accéder à la chaussée. 

    La neige recommence à tomber. Lourdement. Bigrement. Et la chaussée devient entièrement blanche, les chasses-neiges sont ailleurs (comme la Vérité, mais c'est une autre histoire.....). 

    Le spectacle devient surréaliste. il me faut me garer, et poursuivre à pieds, car sans les voitures garées les long des trottoirs, on ne distingue même plus ces derniers de la chaussée.

    Délicate manoeuvre, car pour pouvoir se garer, il faut trouver une place sans congère......

    Il n'y en a pas. 

    Je sort de la voiture, warnings en fonctionnement, en plein sur la chaussée. La circulation est tout sauf dense....... Et la neige tombe de plus belle, avec un de ces petits vents comme on les apprécie au coin du feu, lorsqu'on est à l'intérieur, bien au chaud.

    Je sort la pelle à nouveau, et je dégage une voie d'accès ET la place de parking qu'il me semble avoir devinée sous la neige, afin de pouvoir garer ma voiture sans qu'elle gêne en plein milieu.

    J'ai mis déjà 3/4 d'heure pour en arriver là.

    Certains des domiciles à faire sont dans le même "pâté" de maison. Et je suis désormais à pied. Il ne reste plus qu'à marcher-si on peut appeler ça une marche-dans la neige, pour accèder aux différentes maisons, appartements et autres logements des malades.

    J'arrive à terminer 3 domiciles avant 13h. les 3 du quartier. Je m'achemine vers la voiture, conscient du travail de manutention qui me reste encore à accomplir: en effet la neige à continué à tomber, et ma voiture est à nouveau recouverte de neige. Le chasse-neige est passé et la chaussée est dégagé pour un temps. Dans sa course, il a refoulé la neige sur les côtés, entre la chaussée et les voitures, et la mienne se retrouve bloquée, entourée par les congères.

    Pelletées après pelletées, je dégage la périphérie de la voiture, et à nouveau, je m'échine à tracer un sillon que pourra suivre chaque pneu-avant de la voiture, afin de rejoindre la chaussée. 30mn me sont nécessaires. 

    wouf, je rentre dans ma voiture, trempé de sueurs pour mes sous vêtements et ma chemise, et trempé de neige pour le reste. Je n'ai pas prévu de change, il va falloir que ça sèche sur moi. je lance la ventilation de la voiture à fond.

    J'ai encore 7 visites à domiciles à effectuer. Elles sont plutôt excentrées les unes des autres, et il me faut rejoindre une route principale pour se faire. Là, hélas, arrive ce qu'il fallait attendre: la route est bloquée par les voitures: un beau "bouchon", comme on dit. J'appelle le secrétariat pour prévenir les malades que je suis dans les bouchons, mais que j'arrive coûte que coûte, et que les urgences graves doivent faire appel à la voie "royale" qui assurera hélicoptères si besoin.......Mais tout le monde m'attendra.

    La journée commence à être longue, et spécialement pénible. Je perd environ encore 3/4 d'heures dans les bouchons et j'arrive finalement vers 15h30 à poursuivre mes domiciles.

    A partir de là, le même senario se répète laconiquement depuis la sortie de ma voiture jusqu'à mon retour:

    -pour pouvoir me garer, il me faut dégager une place . Nous sommes dans des zones mi-rurale, mi ville, et les chasses neige s'occupent en priorité des voies principales. Par ailleurs, comme je l'ai écrit, leur passage dans les routes secondaires permet de noircir la chaussée, pendant qu'ils "enrobent" de congères les voitures garées ou les places vacantes. Impossible donc de s'y parquer sans déblayer à la pelle auparavant.

    -pour pouvoir faire sortir la voiture après avoir fait la visite au chevet du malade, il faut recommencer la même procédure: la neige, tombant sans discontinuer, ayant recouvert les sillons réalisés auparavant pour pouvoir se garer, pendant que le toubib il fait son job chez le malade.

    La journée se termine tard.

    J'ai pelleté en une journée plus que je n'ai jamais pelleté dans toute ma vie.

    La semaine s'annonce rude car aucune amélioration météo n'est prévue.

    C'est exactement ce qui se passe.

    Une semaine à pelleter et à soigner les malades.

    Je termine la semaine fourbu, avec des courbatures de partout et des douleurs lombaires que je ne suis pas prêt d'oublier.

    Le travail est fait, la mission est accomplie. Et j'ai réussi à ne pas avoir d'accidents en voiture. C'est déjà énorme.

    Docoach

     

     

     Docoach


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  •  J'ai eu ce jour en consultation un patient qui, commençant un peu à me connaître, m'a confié qu'il tentait de pratiquer en ce moment une technique qui a été (re)mise un peu à la connaissance du public ces derniers temps.

    Cette technique est celle de Gtummo, ou Toumo, une pratique de Yoga Thibétain bien particulière, mais aussi une pratique issue du Shugendo, une voie de des Arts Martiaux qu'avait emprunté Me Sylvain Guintard il y a près de 40 ans en arrière.

    A l'époque, j'avais une quinzaine d'année, à peine. La technique m'avait attiré pour son apport en terme de pouvoir de régulation personnelle de certains rythmes et fonctions autonomes de  notre corps.

     A cette période, Sylvain Guintard était un pionnier dans le domaine du Ninjutsu, si je ne me trompe pas. Assez rapidement, la pratique de la voie "interne" des Arts Martiaux l'a rapidement séduite, et je me rappelle encore l'avoir vu, avec d'autres pratiquants sur un magazine d'Arts Martiaux Français (il devait s'agir de la revue "Bushido" si mes souvenirs sont bons)

    J'ai donc moi aussi, quelques années plus tard, et après avoir fait des recherches dans la pratique du Gtummo, débuté un entraînement issu de mes propres recherches et de l'enseignement des rares personnes un peu "initiées". Ces recherches m'avaient dirigé vers les livres de Mme Alexandra David Neel, qui était, elle, pionnière dans l'exploration du Thibet, et certaines méthodes d'entraînement de Daniel Braibant, qui proposaient des entraînements, assez poussés, de méditation profonde pour développer la manipulation de ce que les Extrême Orientaux nomment le Qi ( cette "énergie", ou Prana, ou Ilmu, ou Force Vitale, qu'on utilise aussi en Médecine Traditionnelle Chinoise ou en Médecine Ayurvédique). Robert Lasserre en avait fait une première approche dans les mêmes années, peu ou prou.

    Ces dernières années, c'est surtout Maurice Daubard , en France, qui reste une référence dans ce domaine. Certains pratiquent des "stages" sous sa direction, dirait-on, comme en témoigne la vidéo ci-dessous.

    Dans mon expérience, la technique se divisait en deux parties: l'aspect "exterieur" (très bien rapporté par Alexandra David Neel dans son livre "mystiques et magiciens du Thibet", et que vous pouvez retrouver dans l'excellent ouvrage traduit par Evans Wentz "le Yoga Thibétain et les Doctrines Secrètes" d'un lama Thibétain dont je ne me souviens plus du nom, qui avait aussi rédigé un ouvrage sur Milarepa, un Saint Thibétain qui avait pratiqué et maîtrisé Gtummo......), et l'aspect "intérieur", qui -je peux me tromper-me semble être partiellement voire complètement ignoré dans certaines pratiques récentes.

    Sylvain Guintard le disait bien, et le monsieur de la vidéo ci dessous en parle également. "On ne se met pas sous la douche glacée!", cela pourrait être dangereux!

     

    Le travail respiratoire n'est presque rien sans l'entraînement de la pensée concentrée par la méditation. Le travail respiratoire est une technique intéressante pour "se réchauffer rapido"  ou "sauver un peu sa peau". Mais il est insuffisant à générer une chaleur nécessaire pour , très concrètement, dilater les micro vaisseaux de la périphérie (les extrémités du corps) et protéger du danger premier du froid: les engelures.

    Phénomène social très actuel: "on veut tout et tout de suite" ? ou simple ignorance?

    L'aspect "extérieur" est rapidement praticable par toutes et tous, c'est certain, mais il donnera des réponses différentes selon les constitutions de chacun, et il ne permettra pas un progrès sensible sur le long terme.

    L'aspect "intérieur", est par contre particulièrement demandeur. Il nécessite plusieurs semaines, voire mois, voire années (eh oui!) pour parvenir à développer la faculté mentale d'augmenter la température du corps, puis celle de la pièce dans laquelle on se trouve (thermomètre à l'appui).  C'est seulement après ce travail ET ce résultat obtenus, qu'on devrait- d'après moi- commencer à pratiquer "outdoor". C'est seulement cette pratique méditative régulière, tous les jours pour être préçis, qui peut permettre de développer, en toute sécurité, la véritable "chaleur interne", communicable à l'environnement immédiat, et mesurable objectivement par un thermomètre. 

    Souvenez vous que les "Répa", comme le décrit Alexandra David Neel, avaient pour coutume une "épreuve" de mesure du niveau de réussite: chaque lama qui commençait à maîtriser son pouvoir de thermorégulation pouvait faire sécher une (ou plusieurs) serviettes mouillées posées sur son corps dénudé, dehors, en hiver.

    Il faut bien discerner le stoïcisme face au froid, qui ne développe rien d'autre qu'une certaine forme de confiance en soi (ce qui est déjà pas mal), mais qu'on peut extrapoler à d'autres pratiques du même genre (marche sur les braises, saut à l'elastique, etc....) ET le pouvoir de faire monter la température de son corps, d'en dilater les vaisseaux périphériques, pour produire une chaleur suffisante pour ne plus être incommodé par la froid. Il y a une grande différence entre les deux pratiques.

    Et seule la méditation régulière, avec la réalisation de tests objectifs réguliers pour mesurer le degré de "production thermique", permet d'arriver à toucher du doigt la deuxième version-et à mon avis la plus intéressante et la moins hasardeuse- de la pratique de Gtummo. 

    Comprenez moi bien: "ne pas avoir froid" , ou se duper soi  même en affirmant qu'"on n'a pas froid" alors qu'on a froid, n'est PAS LE BUT de la pratique. 

    Le réel but de la pratique-et celui qui mérite qu'on pratique, d'après moi-, c'est de développer une chaleur intérieure et d'en produire assez, et sur un assez long terme pour que sa dissipation (inévitable si on est "à poil" dans la neige ou dans un lac gelé) ne permette pas au froid extérieur de refroidir le corps, y compris -et surtout- au niveau des extrémités qui risquent de geler (engelures)

    Il faut du temps et de l'entraînement pour en arriver là, et savoir être très honnête avec soi même sur le niveau atteint...ou pas.

    On ne joue pas avec le Feu, et certainement pas plus avec le Froid.

    En résumé:

    • Gtummo par techniques respiratoires dans la neige sans préparation= stoïcisme moderne. C'est faisable par toutes et tous, à vos risques et périls (hypothermie et engelures).
    • Gtummo par méditation calorigène efficace, testée objectivement+ techniques respiratoires et mise en pratique progressive en situation=maîtrise sans risques. Cela peut prendre des années d'entrainement rigoureux et régulier. 

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    LYON, 1 mars 2018 (AFP) Contentions injustifiées, attente jusqu'à sept jours sur des brancards: la contrôleuse générale des lieux de privation de liberté Adeline Hazan s'alarme dans un rapport des conditions "indignes" d'accueil des patients relevant de la psychiatrie au CHU de Saint-Étienne.

    Dans ses "recommandations en urgence" adressées à la ministre de la Santé Agnès Buzyn, rendues publiques jeudi, Mme Hazan alerte sur le "traitement inhumain ou dégradant", au sens de l'article 3 de la Convention européenne des droits de l'homme, subi par certains de ces patients.

    Lors d'une visite du 8 au 15 janvier au pôle psychiatrie du centre hospitalier universitaire, les contrôleurs ont notamment constaté la présence aux urgences générales de vingt patients relevant de la psychiatrie en attente de place. Treize étaient parqués sur des brancards dans les couloirs. Sept d'entre eux, sans signe d'agitation, ni de véhémence, étant attachés au niveau des pieds et d'une ou deux mains, explique le rapport. Deux étaient en soins libres, les autres en soins sans consentement. Ces sept personnes patientaient aux urgences depuis quinze heures à... sept jours. Sans pouvoir se laver, se changer, avoir accès à leur téléphone, ni bénéficier d'aucune confidentialité lors des entretiens et traitements.

    Cela fait plus de cinq ans que les patients arrivant aux urgences générales "peinent à être hospitalisés en psychiatrie ou aux +urgences psychiatriques+", souligne le rapport du CGLPL. Et la situation s'est aggravée depuis octobre 2017.

    Ce "dysfonctionnement majeur" aux urgences générales "nécessite de mettre immédiatement un terme aux traitements indignes observés", insiste le rapport. Plus globalement dans le pôle psychiatrie, les contrôleurs ont observé une pratique générale de mesures d'isolement (enfermement) et de contention "ne répondant pas aux exigences législatives et réglementaires". Ces pratiques "illégales et abusives doivent cesser immédiatement", s'insurge Adeline Hazan.

    Les contrôleurs ont également noté un défaut d'explication de leurs droits aux patients hospitalisés en psychiatrie. Ces constats ont suscité "un prise en compte forte" de la communauté médicale et soignante et un courrier du directeur de l'hôpital au CGLPL, le 23 janvier, "témoigne d'une réelle volonté de changement", relève le rapport.

    Néanmoins, la gravité et le caractère structurel de ces manquements "ne permettent pas de laisser l'établissement seul face à ses difficultés". Adeline Hazan recommande donc "de faire cesser immédiatement ces atteintes aux droits", notamment au sein de l'accueil aux urgences, d'instaurer une "réflexion institutionnelle" sur les pratiques de contention et d'isolement ou encore de mettre en oeuvre des moyens garantissant des hospitalisations adaptées.


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