• balade dans les mémoires d'un vieux médecin

     

     

     

    ces années là, nous avions de la neige. beaucoup de neige. A l'époque, il fallait se rendre à domicile pour soigner des problèmes allant de la simple hemorroïde à l'hemorragie cataclysmique de rupture de tumeur du glomus carotidien, en passant par les soins de pansements.

    Cette fois-là, là voici;

    Le réveil sonne: 6h30

    un bref regard par la fenêtre.

    tout est blanc, silencieux.

    petit à petit, sortant de ma torpeur, m'afférant à ma toilette, j'entends les bruits de la ville qui montent doucement. Bruits pas franchement rassurants: on entend les  roues qui pattinent avec tant de peine.......

    Bref, j'arrive à avaler en vitesse le petit déjeuner, et aller hop, il faut sortir pour déblayer, non seulement la voiture, mais aussi et surtout toute la neige qui commence à s'accumuler en blocs, tout autour de la voiture. Vive la pelle!

    Après ce petit exercice matinal, il faut maintenant songer à prendre la route. Fort heureusement, je suis équipé de peumatiques "neige", alors cela devrait aller sans peine........Douce naîveté!

    il me faut plus de trois fois le temps habituel pour arriver au cabinet. Fort heureusement, plus de la moitié des consultations ont été annulées. Mais les domiciles, par contre, c'est une autre histoire. Les consultations , au nombre de deux, ne demandent pas un gros temps de pratique, et je m'affaire rapidos à m'habiller à nouveau pour descendre du cabinet et reprendre la voiture.

    là, c'est un peu le drame: la neige est tombée à nouveau, et il faut redonner des pelletées, pour tracer un sillon qui permette aux roues de la voiture d'accéder à la chaussée. 

    La neige recommence à tomber. Lourdement. Bigrement. Et la chaussée devient entièrement blanche, les chasses-neiges sont ailleurs (comme la Vérité, mais c'est une autre histoire.....). 

    Le spectacle devient surréaliste. il me faut me garer, et poursuivre à pieds, car sans les voitures garées les long des trottoirs, on ne distingue même plus ces derniers de la chaussée.

    Délicate manoeuvre, car pour pouvoir se garer, il faut trouver une place sans congère......

    Il n'y en a pas. 

    Je sort de la voiture, warnings en fonctionnement, en plein sur la chaussée. La circulation est tout sauf dense....... Et la neige tombe de plus belle, avec un de ces petits vents comme on les apprécie au coin du feu, lorsqu'on est à l'intérieur, bien au chaud.

    Je sort la pelle à nouveau, et je dégage une voie d'accès ET la place de parking qu'il me semble avoir devinée sous la neige, afin de pouvoir garer ma voiture sans qu'elle gêne en plein milieu.

    J'ai mis déjà 3/4 d'heure pour en arriver là.

    Certains des domiciles à faire sont dans le même "pâté" de maison. Et je suis désormais à pied. Il ne reste plus qu'à marcher-si on peut appeler ça une marche-dans la neige, pour accèder aux différentes maisons, appartements et autres logements des malades.

    J'arrive à terminer 3 domiciles avant 13h. les 3 du quartier. Je m'achemine vers la voiture, conscient du travail de manutention qui me reste encore à accomplir: en effet la neige à continué à tomber, et ma voiture est à nouveau recouverte de neige. Le chasse-neige est passé et la chaussée est dégagé pour un temps. Dans sa course, il a refoulé la neige sur les côtés, entre la chaussée et les voitures, et la mienne se retrouve bloquée, entourée par les congères.

    Pelletées après pelletées, je dégage la périphérie de la voiture, et à nouveau, je m'échine à tracer un sillon que pourra suivre chaque pneu-avant de la voiture, afin de rejoindre la chaussée. 30mn me sont nécessaires. 

    wouf, je rentre dans ma voiture, trempé de sueurs pour mes sous vêtements et ma chemise, et trempé de neige pour le reste. Je n'ai pas prévu de change, il va falloir que ça sèche sur moi. je lance la ventilation de la voiture à fond.

    J'ai encore 7 visites à domiciles à effectuer. Elles sont plutôt excentrées les unes des autres, et il me faut rejoindre une route principale pour se faire. Là, hélas, arrive ce qu'il fallait attendre: la route est bloquée par les voitures: un beau "bouchon", comme on dit. J'appelle le secrétariat pour prévenir les malades que je suis dans les bouchons, mais que j'arrive coûte que coûte, et que les urgences graves doivent faire appel à la voie "royale" qui assurera hélicoptères si besoin.......Mais tout le monde m'attendra.

    La journée commence à être longue, et spécialement pénible. Je perd environ encore 3/4 d'heures dans les bouchons et j'arrive finalement vers 15h30 à poursuivre mes domiciles.

    A partir de là, le même senario se répète laconiquement depuis la sortie de ma voiture jusqu'à mon retour:

    -pour pouvoir me garer, il me faut dégager une place . Nous sommes dans des zones mi-rurale, mi ville, et les chasses neige s'occupent en priorité des voies principales. Par ailleurs, comme je l'ai écrit, leur passage dans les routes secondaires permet de noircir la chaussée, pendant qu'ils "enrobent" de congères les voitures garées ou les places vacantes. Impossible donc de s'y parquer sans déblayer à la pelle auparavant.

    -pour pouvoir faire sortir la voiture après avoir fait la visite au chevet du malade, il faut recommencer la même procédure: la neige, tombant sans discontinuer, ayant recouvert les sillons réalisés auparavant pour pouvoir se garer, pendant que le toubib il fait son job chez le malade.

    La journée se termine tard.

    J'ai pelleté en une journée plus que je n'ai jamais pelleté dans toute ma vie.

    La semaine s'annonce rude car aucune amélioration météo n'est prévue.

    C'est exactement ce qui se passe.

    Une semaine à pelleter et à soigner les malades.

    Je termine la semaine fourbu, avec des courbatures de partout et des douleurs lombaires que je ne suis pas prêt d'oublier.

    Le travail est fait, la mission est accomplie. Et j'ai réussi à ne pas avoir d'accidents en voiture. C'est déjà énorme.

    Docoach

     

     

     Docoach

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