• Jeûner ?

     

     

    En réponse à la question de cet internaute qui se reconnaîtra ;-)

    voici mes quelques sous de connaissances théoriques et pratiques sur le Jeûne.

    Mon avis est loin d'être aussi "éclairé" que ceux/celles qui en ont eu une expérience pratique, autant sur eux mêmes que sur les personnes qu'elles/ils ont accompagnées dans cette.....cette quoi d'ailleurs ? Comment pourrait-on qualifier le Jeûne: d'une pratique de santé? d'un "traitement"? d'une "mode"?

    J'ai effectivement approché le Jeûne par la théorie en lisant pas mal de livres, alors même que je faisais mes études de Médecine. Le sujet m'a toujours intéressé, et il n'était pas abordé à la Faculté. D'ailleurs, tout ce qui relevait des soins par l'alimentation, les plantes, ou les cataplasmes étaient systématiquement méprisés, voire jugés comme dangereux, lorsque pas "hérétiques".

    Bref, il fallait bien que je me forme d'une autre manière. Par la théorie , soit, mais aussi par la pratique......personnelle.

    Mes premiers ouvrages remontent à des bouquins que vous pourrez sans doute retrouver sur certains sites de vente en ligne. Car je pense qu'ils ne doivent plus être publiés. Il y avait Shelton , Bertholet, Grace Gacette, et sans doute Ghandi dans le lot des ouvrages que j'ai pû compulser.

    Je ne voudrai pas ici répéter leurs arguments. Je respecte le travail pratique qu'ils ont réalisés. Je salue leur audace et l' affirmation de leurs convictions. Cela n'est jamais simple, nul part, à aucune époque, de défendre ses idées, encore moins ses pratiques. Je vous invite à aller les lire, sans apriori (si c'est possible?), mais aussi avec la méfiance qui doit caractériser une recherche dans ce domaine. Jamais rien de ce que je vous dit non plus ne doit être pris pour argent comptant. Comme disait le Bouddha "doutez de tout, et surtout de ce que je vous dit". Ce qui ne veux pas dire que je dise forcément des sottises, mais plus simplement que je sois faillible, comme tout un chacun.

    Je vais partir du principe que, par "jeûne", nous entendrons tous , lecteurs et moi même, une "abstinence totale de nourriture solide, l'eau étant simplement permise à volonté". De cette manière, j'exclue les "régimes" du style Gerson (jus de légumes), par exemple, mais aussi les "carêmes" dans lesquels les prises alimentaires sont soit décalées dans  la journée, soit consistent simplement en l'éviction de viande ou d'autre aliment en particulier.

    Le "jeûne" dont je vais parler ici, c'est celui qui consiste à s'abstenir de nourriture, à l'exception de l'eau.

    En fait, c'est un peu ce qui se passe lorsqu'on est atteint d'une maladie aigu, que ce soit une grippe ou un choc psychologique qui bloque l'appétit (mêmes si, chez certains, c'est parfois l'inverse).  Mon opinion et mon expérience dans ce domaine me permettent de dire qu'il n'y a aucun danger à respecter ce jeûne "spontané". Bien au contraire. Qu'en est il pour la crise de polyphagie chez certains? C'est une autre question à laquelle je ne répondrai pas ici.

    Bref, le jeûne "naturel", en ce sens qu'il est l'expression d'un mode de défense de l'organisme, est présent tout au long de la vie. A l'image de la température du corps qui monte pour le sauver d'une agression microbienne, il semble bien que la perte transitoire de la sensation de faim, au cours d'un épisode aigu de maladie, qu'on peut assimiler à un jeûne tel que j'en ai donné la définition plus haut, ne soit clairement pas nefaste, voire salutaire.

    Qu'en est il des troubles de la santé dans lesquels la faim n'est pas perturbée ?

    Pourquoi se mettrait-on à s'abstenir de nourriture, à l'exception de l'eau ? Et pendant combien de temps ? Et que ferai-t-on pendant ce temps ? et comment reprendre la nourriture ?

    Voilà autant de questions qui méritent une bonne dose de bon sens et de l'expérience pratique. 

    Si on voulait "imiter" ce qui se passe dans la Nature (l'image du saumon est souvent reprise par les auteurs concernant le jeûne. Mais du saumon à l'homme il y a le milieu de la mer....... Comme pour les souris d'ailleurs, à partir desquelles on extrapole un peu trop facilement sur l'homme). Donc, si on voulait imiter la Nature, on aurait au moins deux exemples contradictoires: le saumon n'hiberne pas pendant qu'il nage (pas que je sache), et les mammifères qui hibernent engrangent des réserves dans leur graisse pour la consommer pendant les semaines voire les mois de leur abstinence au cours desquels ils dorment......

    Donc: faut il engraisser avant de se mettre au jeûne ? Faut il ralentir son rythme de vie pendant le jeûne ? ou au contraire faut il être sur-actif? (une mode très actuelle associe jeûne et randonnées,.......)

    Et puis, revenons à la question primordiale: pourquoi jeûner ?

    Le jeûne est il une panacée face aux fléaux mortels de notre société?  je rappelle: dans l'ordre, on meurt actuellement, statistiquement: d'abord de cancers, ensuite de troubles cardio vasculaires (infarctus et AVC), et enfin d'accidents de la route. 

    Je n'ai personnellement jamais vu quelqu'un, dans mon expérience clinique, se sauver d'un cancer en jeûnant. J'ai pû par contre, très clairement, observer leurs goûts alimentaires lors des derniers mois: ils sont assez souvent les mêmes: le dégoût de la viande est presque toujours présent. L'appétit est médiocre également, mais c'est parfois le contraire, et j'ai soigné des malades cancéréux polyphages........Aucune des deux stratégies n'a permis de s'en sortir.

    Les troubles cardio vasculaires sont clairement liées à l'alcool, le tabac, la malbouffe, et la confusion dans nos repères de vie, sur le plan émotionnel comme mental (comme dirait Hawking: "cet univers ne serait pas grand chose s'il n'abritait pas ceux qu'on aime"). ça a l'air très naîf, mais l'expérience m'a prouvé que les troubles cardio vasculaires, dont on nous serine à tout bout de champ qu'ils sont la conséquence de l'obésité, du tabac et de l'alcool, m'apparaissent de plus en plus en lien (sauf pathologies congénitales héréditaires bien entendu) avec des perturbations de l'Amour que nous ne savons plus voir, protéger et entretenir. Le progrès technologique et l'économie de marché étouffent les poumons (asthme) et ferment les Coeurs (infarctus et AVC). La cupidité engendrerait elle l'obésité?

    Quant aux accidents de la route........

    Bref, vous l'aurez compris, mon opinion et expérience m'ont clairement montrés que le fait de jeûner n'est pas nocif, lorsqu'il s'agit d'une manoeuvre spontanée du corps,une sorte de refus salutaire , de protection pourrait on dire. Une sorte de reflexe primaire.

    Jeûner sur déçision intellectuelle, c'est sans doute autre chose. Souvenez vous que je vous avais proposé une formule aussi simple qu'efficace pour "sauver le monde" ICI

     Avec le temps, et l'âge, et le recul sur l'expérience, j'ai réalisé à quel point tout ça n'est pas qu'une question de volonté, mais plutôt-je peux encore me tromper- de confusion. Confusion émotionnelle tout autant que mentale.

    Personnellement, j'ai appliqué (je l'applique encore de temps en temps) le principe d'abstinence de nourriture solide une fois par mois pendant 36 heures: un potage de légumes la veille au soir, et rien d'autre que de l'eau à volonté pendant le jour suivant. Reprise de l'alimentation le surlendemain au matin. C'est un rythme qui m'a convenu, sans peine. Mais c'est très personnel.

    Et cela doit être clair: je suis un inconditionnel de la progression en toute chose. Encore plus avec le jeûne. D'abord de courtes périodes. Observer comment le corps et le mental et les émotions réagissent. En tenir compte, et ajuster les prochaines sessions. Cela me paraît INDISPENSABLE à toute approche de santé. De petites doses, espacées, et on observe , on en tire des conclusions pratiques sur chacun, avant d'élever fréquence et dosage. C'est mon côté homéopathique qui ressort sans doute, mais l'expérience m'a prouvé que c'est la voie la plus sûre.

     Je suis monté à 3 jours consécutifs de jeûne, et sans que ce soit suite à un trouble de la santé. Juste "par expérience". C'est le maximum que j'ai fait. La poursuite de l'activité professionnelle était délicate au troisième jour, et j'avoue très humblement que j'étais content de reprendre de la nourriture le 4ème jour. Soigner les autres pendant qu'on jeûne n'est pas une bonne idée.

    Mais revenons à nos moutons et au jeûne en tant que pratique de santé "préventive". Quels sont les gros principes généraux que je pourrai transmettre sans crainte: au moins que 24 à 36 heures d'abstinence ne sont pas nuisibles. C'est un fait.

    Se ré-alimenter est une autre histoire: après une période d'abstinence, on peut penser que les boyaux vont avoir tendance à mieux fonctionner. Question de bon sens: après une période de repos, la reprise d'une activité physiologique est souvent de meilleure qualité: penser simplement à la veille et au sommeil. Donc , à un repos prolongé des intestins peut très bien suivre une meilleure activité, plus saine, mais pas forcément plus discriminante, voire peut être moins.

    Par conséquent, il me paraît nécessaire d'être très prudent sur le mode de reprise alimentaire, en quantitatif comme en qualitatif. Et c'est bien là que le bas blesse. Comment éviter la surcharge en éléments potentiellement immuno-perturbants au moment d'une reprise suite à un jeûne prolongé ?Nous somme à l'ère d'une alimentation de masse. Est il possible pour toutes et tous d'avoir recours à une alimentation des plus PURES après un jeûne prolongé ? Et si oui, pendant combien de temps doit on la conseiller avant de pouvoir recommencer à ingèrer - société oblige- les aliments du "quotidien", tous plus ou moins raffinés et bourrés d'additifs........

    Les avis divergent sur la reprise alimentaire. Je vous laisse faire vos recherches, mais ce n'est pas très clair. Burger peut vous éclairer (ou vous plongez dans la confusion) en étayant le principe de l'"instinctivothérapie". J'ai la crainte que nos instincts mêmes soient en cours de dénaturation, et que nous ne puissions nous y fier avec autan de certitude qu'en période de survie réelle. Personnellement , j'aurai donc tendance, sans l'exclure, à ne pas me fier uniquement à notre "instinct", si tant est que nous puissions le discriminer clairement de nos autres sens au quotidien........

    Le bon sens me dirait de privilégier fruits et légumes en petites quantités, en mastiquant longuement, la digestion commençant dans la bouche. Je crois que c'est le Mahatma Gandhi qui en parle le mieux. Mais il a vécu à une période et dans un lieu où, sans doute, la nourriture n'était pas la même que la nôtre. On ne peut donc pas extrapoler à nos vies sous nos latitudes.

    Je crois que le Jeûne, en tant que thérapeutique, qu'elle soit spontanée ou réfléchie, préventive ou curative, soulève peut être autant d'autres problèmes qu'il n'en règle, de nos jours.

    Mais, sans doute, aucune autre approche n'a le mérite de nous faire reflechir sur le fondamental de nos vies: l'Amour naîf mais sincère, et non pas la charité dévoyée en un vaste buiseness, scellant les consciences bigotes d'un côté, et remplissant les poches des cupides de l'autre, mais l'Amour véritable qu'on ne reconnaîtra bientôt plus désormais, pour ne plus l'avoir connu tout simplement sur cette planète.

    C'est d'ailleurs amusant que ce soit la réflexion sur le Jeûne, plus qu'aucune autre réflexion, qui me fasse "philosopher" sur le sujet de l'Amour, cet élan fraternel qui permet à l'Humain de prospérer en se complétant et s'épaulant, et non de se détruire en se comparant et s'opposant. 

     Je pense qu'il est sain aussi de lire Kousmine. Plus que personne, elle a mis le doigt sur le fait que nos cerveaux sont si mal équilibrés en nutriments que notre reflexion, et nos actes qui en découlent, ne permettent pas d'accèder à la santé mentale, émotionnelle, et physique, par nous mêmes. Si vous la lisez, vous verrez qu'elle utilisait , dans le cas de SEP, de hautes doses de vitamines, avec un certain succès. Elle utilisait aussi la vitamine F (les fameux "omega" si à la mode de nos jours) et avait compris l'intérêt d'entretenir des boyaux de "qualité". Mais j'ignore si elle aborde le jeûne. Voilà une autre piste à explorer.

    Pour moi, le jeûne ne pourrait être considéré comme une panacée. Certainement on peut le considérer comme un moyen de défense lorsque le corps y fait spontanément appel.  Il s'agit de survie. On respecte.

    Pour le reste........

    Docoach

     

     

    « A la recherche du QiPho Wa ou transfert de la conscience »

  • Commentaires

    1
    POV'JULIETTE
    Mardi 3 Avril à 11:51

    Bonjour,

    merci de votre long et riche page  sur le jeûne! Il est vrai que parler du jeûne peut nous entraîner dans des contrées insoupçonnées et votre digression sur l'Amour n'en est que touchante quand on sait que l'ami, le copain,le compagnon est celui avec qui on partage son pain! "Dis-moi avec qui  et ce que tu manges et je te dirais...."

    Je crois que c'est en vous lisant il y a quelques temps je crois que je pratique en couple un jeûne de 24h tous les vendredi, histoire de penser aux autres.

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