• MEDITATION 1

    MEDITATION opus 1

     

    les trois stades: ekagrata, dhyana, samadhi, leurs apports et leurs risques

     

    Avant d'aborder les 3 grandes étapes de la Méditation, il convient de préçiser quelques points.

     

     

    -tout d'abord, que la Méditation Yoguique n'a que peu de choses à voir avec la prise de conscience du moment présent, ou de quelconque forme de détournement de l'attention, comme le sont les pratiques de Tai Qi Quan (en plus de ses bienfaits sur le soma, bien entendu : soma=corps physique) ou celles de Mindfulness.

    Pourtant, elles se rejoignent dans le sens où , pratiquées assidûment, elles éveillent forcément, à un moment à un autre, le pratiquant, vers une prise de conscience qui transcende son existence, en peu ou en beaucoup.

     

    -deuxièmement, que les pré-requis ne sont pas les mêmes selon qu'on aborde la pratique avec le souhait d'en obtenir « simplement »(le terme convient peu) une action thérapeutique (et ce sera l'objet de l'opus 2 et de l'opus 5 de cette série sur la méditation) ou qu'on pratique dans le but d'une démarche Spirituelle (sans que ce grand « S » ne désigne ni religion, ni dogme).

    Je vous parlerai de ces pre-requis un peu plus loin. Je ne les détaille pas ici, à dessein, car ils ont- à mes yeux- trop longtemps étés mal présentés et ont conduit la plupart à se concentrer sur eux pour en oublier la suite (un peu comme on verrait trop bien un panneau au point d'en oublier ce qu'il indique.......)

     

    Donc, au risque de choquer, voici les étapes de la Méditation, telles que je les ai vécues, telles que d'autres que moi les ont vécues, et telles que nous les avons comprises, même si les mots traduisent forcément, bien assez mal la réalité que seul le pratiquant peut expérimenter.

    En assimilant ce qui précède, il faut aussi garder à l'esprit que l'expérience de chacun est forcément unique. Même si des grandes ressemblances peuvent être dégagées , comme dans les expérience d'EMI (Etat de Mort Imminente), chaque adepte vit quelque chose d'unique, qui lui est propre.

     

    Passons à la viande du programme de cet article : les étapes de progression :

     

    les 3 grandes étapes de la Méditation sont les suivantes :

    -Ekagrata : peu connue et peu travaillée, elle est cependant le pré-requis pour progresser dans les étapes suivantes. De mémoire, certains adeptes pratiquent sur l'observation de la flamme d'une bougie. Mais tout autre support peut convenir en fait. Les mandalas, par exemple, ou les icônes des différents cultes, religions, etc, mais pour peu que l'on ait une affinité pour un support particulier, même Madonna, on peut le choisir pour la pratique, me semble-t-il. Pour arriver à Ekagrata, et c'est certainement Daniel Braibant qui l'a mis en évidence au mieux, il est impératif d'arriver à obtenir une participation cérébrale afin que le cerveau emette régulièrement des ondes alpha, et, étape supplémentaire, que l'adepte puisse les prolonger à volonté (ou son inverse : les stopper à volonté).

    Dans la culture hindoue Bouddhiste, une bonne représentation de cet état est celui des paupières mi-closes. Prélude au sommeil, mais à ses premiers instants seulement, les ondes alpha sont effectivement émises naturellement lors de l'occlusion des paupières (dans la majorité des cas).

    Sur le plan du mental, l'adepte maintien fermement sa pensée sur le seul objet qu'il a choisit au départ. Cette pratique est fondamentale et doit être parfaitement intégrée avant d'aller plus loin. Mieux, elle doit être systématiquement suivie de l'apprentissage de son étape suivante, Dhyana, et , encore plus tard, par celle du Samadhi. Pourquoi ? Bien qu'il n'y ait pas de danger à proprement parler d'arriver à concentrer sa pensée sur un seul objet, il est important d'en apprécier les conséquences.

    Une habitude mentale sert ou dessert son propriétaire selon l'inclinaison qu'il lui donne : C'est pourquoi les étapes dites « de purification » qui précèdent Ekagrata , ont souvent, et sont encore, légitimes pour la préparation à la pratique d'ekagrata sans risques, ou avec un minimum de risques.

    La vie et ses vicissitudes n'est pas la même pour tout le monde, mais les moments pénibles arrivent dans toute vie, toujours, à un moment ou à un autre. Nos inclinaisons (en bien ou en mal) doivent être connues et « équilibrées » avant de pratiquer Ekagrata avec assiduité. En effet, si un moment pénible arrivait alors que vous êtes en plein développement d'ekagrata, le risque d'obsession est grand. Même s'il n'est pas un trouble mortel, il peut s'avèrer particulièrement angoissant pour celui qui le subit. C'est pour cette raison que les anciens, qui connaissaient bien à la fois la physiologie cérébrale, et à la fois la vie, ont préconisés des étapes préparatoires avant ekagrata.

    « Purification » au singulier ou au pluriel ne doit pas être interprété comme l'expression moralisatrice d'un dogme sectaire. C'est hélas le terme et le sens qu'on a donné, et qu'on donne encore. Je lui préfère la formule , plus préçise et moins contraignante, de se « connaître soi même et de trouver son équilibre au mieux » (par l'introspection et l'alimentation autant que par l'environnement et les épreuves de la vie)

    Ainsi, l'adepte d'Ekagrata a développé un niveau élevé de pensée concentrée. Il peut non seulement y entrer presque à volonté, mais il peut aussi en sortir (et ce point est capital) avec la même aisance.

     

    Il est prêt pour passer à Dhyana ….

     

    -Dhyana, est souvent interprétée comme la contemplation, et la confusion règne encore entre la concentration, l'attention, et la contemplation. Dhyana est cet état de fusion avec l'objet au cours duquel rien d'autre que ce qui a de rapport avec l'objet ne se présente au mental. Déclenché par l'habitude de la pratique d'ekagrata, Dhyana emporte le pratiquant dans un niveau plus profond de fonctionnement cérébral, celui des ondes cérébrales théta. S'il est capable de pratiquer dhyiana en étant allongé, l'adepte expérimente un état de sommeil profond (pas le plus profond toutefois) en pleine conscience de veille.

    A ce niveau, la durée de son expérience est conditionnée par l'habitude de sa pratique, et non plus par une volonté déterminée. Il utilise, en quelque sorte, une boucle reflexe neurologique cérébrale, qui lui permet, par l'entraînement, de se plonger dans une sorte de « transe », ou « état non ordinaire de conscience », pour reprendre un terme à la mode, dans lequel il est parfaitement conscient.....d'être conscient de porter son attention, sans faille sur l'objet de sa méditation.

    Souvent la perte des afférences cenesthésiques et sensorielles habituelles, mis à part le tonus pour rester assis, sont à un tel point que l'adepte peut être à même de percevoir les grands classiques du processus de Yoga que sont la lumière (oui, il s'agit bien de l' « illumination », contée et rapportée par tous les mystiques du passé, présent et avenir) et d'autres manifestations extra sensorielles (« extra » au sens des sens communs. Il est bien évident que la conscience a des outils de perceptions qui ne sont pas ceux que les anatomistes ont décrits depuis que la « science des cadavres » existent. Mieux, que ces perceptions ne sont pas, ou peu , du domaine habituel des organes des sens. Les ultra-sons en serait un simple exemple).

     

    Bref, Dhyiana est un état déjà avancé de méditation, et son accomplissement met souvent l'adepte en contact avec une réalité qu'il ne connaît pas (ou « qu'il a oubliée » pour les plus subtils d'entre vous), et dont la connaissance, préçisément, peut le faire sortir, dans l'instant, de cet état de conscience. Certains adeptes doués passent d'ailleurs de dhyiana en samadhi particulièrement facilement, mais c'est une autre histoire.

    C'est un reflexe de peur, parfaitement humain et physiologique.

    Bien accompagné et informé, il est facilement dépassé et on s'installe alors confortablement dans la pratique.

    Voici ci dessous une vidéo dans laquelle la personne interviewée explique assez bien Dhyiana.

     

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    Samadhi : on a beaucoup écrit sur ce niveau de Méditation.

    A mon avis pour au moins 5 raisons : la première c'est qu'on ne connaît pas bien le sujet et on se perd en verbiage pour donner un semblant de compétence. Deuxièmement, c'est un sujet qui est souvent présenté comme abstrait, une sorte d'abstraction métaphysique (encore une), et derrière ce genre de concept, pour peu qu'on ait une facilité à discourir, on peut facilement tomber dans des exposés fumeux. La troisième, c'est que bien connu, il remplit d'étonnement et ouvre à une incompréhension encore plus grande que notre réalité habituelle, alors pour ne pas avouer sa propre incompréhension, on se donne des airs d'expert. La quatrième, c'est que si peu qu'il soit connu, mais pour peu qu'il ait été entouré de mystères, on en profite pour y aller de ses interprétations, et enfin la cinquième, c'est qu'on diabolise facilement un sujet qui a une importance réelle et bien connue, mais qui pourrait profiter à l'Homme et l'éloigner du consumérisme nécessaire à la Sacro-Sainte Productivité de nos sociétés modernes.

     

    Donc, pour faire simple sur un sujet que je ne connais pas (ou très bien), Samadhi correspond , dans la tradition, à l'Identification. Le sujet et l'objet de sa contemplation se sont unifiés en une seule entité. Il y a un retrait total de la conscience à l'intérieur d'elle même, et elle expérimente un état d'unité profonde qui la remplit de félicité. Ces derniers mots ne sont pas choisit inutilement.

     

    Un danger de la Méditation, lorsqu'on avance réellement dans sa pratique, c'est la perception de plus en plus aigûe du Vide. Ce face à face avec son propre Vide est une réalité que tout le monde, même celui qui ne médite pas, va expérimenter dans sa vie (ou dans sa mort). Or Samadhi est l'aboutissement d'une discipline permettant de remplir ce Vide afin de ne pas faire sombrer le pratiquant dans les abîmes de ses sentiments humains.

     

    Mais pour autant, Samadhi n'est pas un aboutissement. Il n'est qu'une étape d'illumination identificatrice. Je ne peux en dire plus sur le sujet, car je suis moi même entré dans ce chemin, et il est différent pour moi comme pour chacun, mais son influence ruine tout ce qui pourrait encore maintenir aux yeux du pratiquant l'intérêt d'une vie consumériste et athée(et ce terme n'a rien à voir avec le Dieu ou les dieux des religions) telle que nous la connaissons et à laquelle nous faisons référence comme réalité.

    C'est pourquoi le danger du Samadhi est , vu de la Société, une tendance (et c'est un euphémisme) à la vie « contemplative » des premiers paysans de la Terre (je ne parle pas des agriculteurs qui font des compétitions de vaches au pis les plus gros, hein, faites gaffe là, il y a une nuance), lorsqu'on progresse à travers ses étapes. Et nos sociétés se désagregeraient si tout le monde choisissait ce chemin. C'est pourquoi la Méditation peut être une démarche sociétale, aussi paradoxal que cela puisse paraître. Si elle dirige l'individu vers une réalité spirituelle dont la mise en œuvre détruirait une société morbide, moribonde mais lucrative, quelle serait l'intérêt de l'enseigner comme il faut ?

     

     

    Toutefois, le progrès à travers la Méditation est rare. Primo parce que ça demande une certaine discipline, des heures fixes, un travail régulier, et toutes ces choses auxquelles on renonce habituellement. Deuxio, les programmes de Méditation qu'on propose aux patients sont, fort heureusement, des pratiques usant de stratégie de déplacement de l'attention, qui ont leur intérêt, c'est bien évident, mais qui sont à des années lumières de la Méditation Spirituelle Transcendentale que je viens de décrire (pour lui donner un nom, mais qu'on nomme simplement « Yoga »)

     

    Dans l'opus 2 je vais tenter d'exposer les différents courants de méditation. Cela n'aura rien d'exhaustif, bien entendu, il y en a tellement! Mais cela permettra de faire un petit break dans la théorie et permettra d'enchaîner sur la connaissance des neurosciences fondamentales pour comprendre et pratiquer efficacement et en tout sécurité, (opus 3).

     

    OPUS 1

    OPUS 2

    OPUS 3

    OPUS 4

    OPUS 5