• MEDITATION 2

    MEDITATION opus 2

    les courants de meditation

     

     

     

    Il y a plusieurs courants de méditation, bien sûr, et vous vous en doutez:

     

    Sans tenter de tous les passer en revue, je vais vous en présenter quelques uns afin de clarifier le sujet. Celles ou ceux qui sont plus intéressés par l'aspect neurophysiologique (ou l'aspect "neurosciences") de la Méditation peuvent tout de suite switcher vers l'opus 3 de cette série.

    « Méditation » est un terme vaste.

     

    En Yoga, méditation se confond presque avec le nom de la discipline. « yoga » signifiant peu ou prou « union », il convient de préçiser les différentes étapes qui le composent. Ce fût l'objet du premier post sur le sujet.

    Mais les moyens d'obtenir cet union sont multiples chez l'adulte, et parfois spontanés chez l'enfant : lorsqu'il observe, par exemple, une coccinelle et qu'il est tellement absorbé par sa contemplation, il réalise, sans le savoir, une forme de méditation et il passe d'ekagrata en dhyana sans efforts !

     

    Alain Daniélou a déjà fait l'inventaire des différentes formes de Yoga méditatif. Dans la pensée hindoue, selon lui, yoga est une « union », oui, mais une « union Divine ». Pour le Yogi hindou , Dieu est partout, en tout et autour de tout. Cette omniprésence Spirituelle n'est une abstraction philosophique que pour celui qui ne pratique aucune forme de « Yoga ». Par contre, pour le pratiquant assidu et expérimenté, elle devient une réalité très concrète, bien que difficile à exprimer par des mots sans passer pour, en Occident, au mieux un illuminé, au pire un psychotique ou un névrotique déficitaire, et en Orient, pour un Chaman au mieux, et au pire un possédé.

    Les moyens changent, le but est le même, quel que soit le yoga qui est pratiqué.

     

    Le but : arriver à l'union Divine, c'est à dire la compréhension concrète de ce que cache la réalité habituelle perçue par les sens de notre corps physique, dans un premier temps ; et, dans un second temps,son intégration dans la vie courante. Je répète qu'il s'agit là d'un but plus ou moins « glorieux », dans le sens transcendental. Le pratiquant expérimente réellement le contact avec une réalité à côté de laquelle passe le néophyte. A ce sujet, la vie des stigmatisés, et les manifestations physiques dont ils furent les porte-parole, servent de témoignage d'une réalité clairement vécue, en tant que telle, par eux mêmes, et dont ils partagent avec nous (stigmates, phénomènes extra-communs pour ne pas employer le terme, galvaudé, de « surnaturel ») une partie de son expression. Cette parenthèse fermée, cette finalité (qui n'en est pas une) est à des années lumières de ce que propose la méditation pour la moyenne des malades. C'est là juste une préçision de ma part. Mais elle me paraît importante pour étayer une logique d'enseignement qui puisse intégrer tout le monde.

    J'en parlerai plus loin.

     

    Ne nous dispersons pas : les moyens sont multiples : mention spéciale pour le Hata yoga, dont les postures, dépouillées de leur implication spirituelle , sont déjà une forme de gymnastique intéressante pour certaines constitutions ; le Hata Yoga Pradipika est déjà une forme plus « complète » dans le sens où elle implique le pratiquant dans une forme de Méditation à travers ses postures. Danièlou égraine plusieurs autres formes de Yoga : celui de la Dévotion le Bakhti Yoga, , celui du « spirituel par le mental », ou yoga Royal, Raja Yoga, aux techniques particulièrement demandeuses mais aux effets parfois délicats sur le plan de la santé mentale selon le contexte social dans lequel on vit ; le Kryia yoga, une forme de yoga impliquant davantage certaines pratiques mettant en lien certains courants d'energie, évoquant ainsi le Kundalini Yoga (voir ouvrage Serpent Power par Avallon), dont la pratique, là encore, mobilise des courants électro magnétiques dont l'usage doit être progressif, et compris. Il égraine encore plusieurs formes de Yoga, comme le laya yoga, shiva yoga, karma yoga, jnana yoga, asparsha yoga, .....

     

    Toutes ces formes de Yoga sont des chemins différents dont le but utlime reste le même.

    Alice Bailey, à moins que ce ne soit Helena Blavasty, en parlent également d'une manière différente dans leurs ouvrages : l'intellectuel trouve le contact par la voie qu'il utilise le mieux : son mental. Le dévot (et non pas le bigot, petite nuance à faire me semble -t-il)trouve le contact par la voie qu'il utilise le mieux : la passion. Bien que les chemins soient différents, le but est le même. Mais la compréhension en est différente : teintée parfois du fanatisme qui peut frapper le dévot (comme l'intellectuel épuisé et déçu), elle peut s'exprimer par une tendance au « dolorisme » , pour reprendre le terme de Jovanowik ou au Stoïcisme, et souvent par une forme particulièrement lourde et repoussante d'abstraction chez l'intellectuel.

     

    D'autres moyens existent, et en fait, les « religieux » du Bouddhisme ou du Taoïsme se plaisent à dire que Dieu, par l'expérience Humaine Terrestre, n'a fait que donner des chemins à l'Homme pour qu'il retourne à Dieu. Ainsi, vu sous cette angle, la vie elle même ne serait qu'une forme de chemin pour arriver à l'union ou Yoga. Et la Méditation ne pourrait bien être que la vie elle même. Mais c'est une vision qui n'est pas accessible au néophyte qui ne verra là qu'une contradiction. Aussi j'en reste là pour ce point de vue, très discutable, effectivement, et qui pourrait, d'une certaine manière, nous éloigner du sujet de la méditation.

     

    Les moyens sont nombreux, et les stades d'évolution qui composent le « chemin » pour y arriver sont variés, et variables selon les cultures et les courants philosophiques ou religieux. Ainsi, j'ai surtout évoqué la méditation par la vision Hindoue du Yoga ou des ésotériques de la Téosophie, mais on peut très bien l'évoquer par le yoga Thibétain et leur Doctrine de la « claire lumière ». Cette dernière n'est pas sans rappeler les expériences des EMI ou encore de la « Lumière sur le Sentier » d'Hilarion, ou encore les courants plus ésotériques du Bouddhisme comme le Shugendo. Le bouddhisme lui même est fait de nombreux courants dont les adeptes reçoivent leur enseignement directement d'un « Maître » ou d'un « Bodhisattva ».Nous sommes là à une frontière entre Méditation et Méditation Transcendentale et Religion voire Sectarisme.

     

    Kerneiz à rédigé quelques lignes au sujet du besoin de structure et d'ordre lors de l'avancée dans le processus de méditation.

     

    C'est une des raisons pour laquelle je ne vois pas d'un très bon œil toutes ces formations sur la méditation au sens large. Prendre conscience de ses gestes, du moment présent, ou autre stratégie psycho-comportementale, comme dans le « Mindfulness », ou encore le Taî Qi Quan, sont utiles et salvatrices, j'en convient, mais elles peuvent mener à une détresse supérieure lorsque le pas est franchie vers le Vide, à nouveau, à un moment ou à un autre, au cours de la pratique.( voir à ce sujet l'opus 1 de cet exposé sur la Méditation) . C'est une des raisons pour lesquelles l'accompagnement est important.

     

    Ce Vide, auquel chacun de nous est exposé, sans exception,un jour ou un autre, est une notion qu'il convient de clarifier, et d'intégrer dans les pratiques psycho corporelles qui se développent aujourd'hui pour venir au secours d'une population profondément malade psychologiquement. En effet, les profils d'enfants « hypersensibles » se multiplient, et l'approche psycho-comportementale, par la méditation, si elle peut convenir à des adultes névrosés comme un soin de support, n'est certainement pas à encourager compte tenu du contexte social, chez un adulte hypersensible qui ne se connaît pas ou qu'on a jamais diagnostiqué (et pour cause, puisque l'origine de ce trouble est multifactoriel, mais en croissance).

     

    Bref, cette notion de vide, ou de Vide, avec un grand « V », même s'il a été évoqué par plusieurs courants de Psychologies, n'est pas forcément interprété de la même façon, et surtout, n'est pas intégré-en tout cas pas à ma connaissance- dans les programmes de « Méditation » pour le grand public.

     

    Kerneiz est un des rares auteurs à l'avoir évoqué et à avoir proposé une stratégie d'accompagnement : celle d'adhérer, pour un temps, à un courant « religieux ». Bien que je ne soit pas de son avis , et certainement par apriori, je suis certain qu'il a raison par rapport à la structure et l'ordre que pourrait apporter au pratiquant avancé ou particulièrement doué de la méditation, un encadrement associant discipline, connaissance et respect, sans tomber dans le Dogme.

    Les courants plus ou moins « religieux » , et qui ont été targués de Sectes, en sont un exemple. Mais fondamentalement, je considère une religion comme une Secte à partir du moment où elle présente son enseignement comme un Dogme et que son plus haut Représentant pratique exactement l'inverse que ce qu'il prêche.

    Bref, les différents courants « structurés » (il y en a moult moult!!) peuvent être nécessaires, pour un temps, à maintenir l'équilibre nécessaire pour dépasser les sentiments humains, normaux, qui naissent face au Vide, et qui pourraient au mieux éloigner le pratiquant de sa pratique, et au pire le plonger dans l'excès d'introspection de sa psychologie (à ce niveau, je pense que nombreuses écoles de « psychothérapies », au sens large, se sont fourvoyées, parfois malgré elles, parfois à dessein, dans l'aide dispensée). Mais les temps changent et on commence à reconnaître un peu mieux le caractère unique de l'expérience de chacun, et surtout que le manque de connaissance face à la réalité « subjective » est vaste.

     

     

     

    Il est important ici de comprendre que tout le monde n'est pas concerné.

     

    Pour la moyenne des patients ou des pratiquants, la pratique « pépère » de la méditation restera une stratégie aussi « simplette » que d'aller voir un movie au cinoche, pour se changer les idées. Et c'est déjà pas mal.

    Mais que faire de tous les « doués », « précoces », qui ne peuvent s'empêcher d'exceller lorsqu'ils pratiquent n'importe quoi avec espoir ?

    Plus tôt que tard, par rapport à la moyenne des adeptes de la «méditation apaisante », ils vont être à nouveau , face à face avec leur propre Vide. Kerneiz devait faire partie de ces « doués » pour l'avoir bien compris.

    Quant à la moyenne des pratiquants, elle va, plus tard que tôt, se trouver en face d'un épuisement de la technique. Technique qui pour elle, est un moyen, un nouveau moyen de s'empêcher de penser.

     

    Cela fera partie de la partie 4 de l'exposé sur le sujet de la Méditation : comme disait si bien Audiard « le drâme de l'homme, c'est de ne pouvoir s'empêcher de penser ». C'est là ce que se propose de faire la Méditation, même s'il s'agit , en fait d'une pratique dont la stratégie est celle du détournement de l'attention. Et c'est à ce niveau que se re-pose le problème du contexte : une société profondément toxique.

     OPUS 1

    OPUS 2

    OPUS 3

    OPUS 4

    OPUS 5