• MEDITATION 3

    MEDITATION OPUS 3

    la neurophysiologie de base

     

     

     

    Pour bien comprendre les processus cérébraux qui permettent la méditation, je pense qu'au moins 5 principes fondamentaux doivent être compris sur le plan intellectuel, et intégrés ensuite dans la pratique.

    Leur compréhension ET leur mise en œuvre permettent d'avancer confortablement, au rythme qui est propre à chaque individu, et d'éviter la lassitude et le découragement.

     

    Les pré-requis nécessaires , avant de comprendre et d'appliquer les bonnes techniques (celles qui fonctionnent), sont :

    -primo, de bien comprendre que l'aisance vient avec l'habitude. Cela est valable pour tout apprentissage. Autrement dit, un « amateur » dans la méditation ne peut espèrer en obtenir un bénéfice substantiel du jour au lendemain, voire même ne peut que s'attendre à l'echec s'il assimile la méditation à l'usage d'une paire de pompes....... L'aisance à obtenir un bénéfice de la méditation n'est valable que par l'expérience procurée par un entraînement ayant préçisément engrangé réussites, expérience et savoir-faire, pendant des années.

     

     

    -deuxio, La méditation ne soigne RIEN. Elle n'est pas une nouvelle panacée contre tous le fléaux modernes (voir à ce sujet l'opus 5 de cette série sur la Méditation). Si elle peut avoir un effet bénéfique pour aider un malade, en aucun cas, elle ne soigne la maladie. Et son apport positif n'est pas accessible lorsqu'on souffre. En quelques mots, pour résumer, on n'apprends pas à nager lorsqu'on est en train de se noyer, ok ? J'insiste sur cette notion qui paraîtra pour certains le plus élémentaire des bon sens. Mais je constate une tendance actuelle à reprendre toute une série de pratiques exotiques (pas seulement la méditation) par les différents acteurs de la santé pour leur propre compte et les proposer comme des outils de traitement. C'est une vaste fumisterie et j'y reviendrai (opus 5)

     

     

     

    Passons maintenant à la viande du sujet : la neurophysiologie du cerveau appliquée au champ de la Méditation.

     

    Si vous avez déjà parcouru le numéro 1 de cette série, vous aurez pressenti l'intérêt des 4 ondes fondamentales que produit le cerveau, pour peu que vous les connaissiez déjà. Si vous ne les connaissez pas, je vais vous les exposer très simplement en dessous.

    Ces 4 ondes, qui sont 4 rythmes fondamentaux, décomposent le cycle « veille -sommeil » et le méditant expérimenté arrive, par l'entraînement, à produire plus ou moins à volonté tel ou tel rythme cérébral tout en conservant sa conscience de veille.

     

     

    Le rythme alpha est nécessaire pour ekagrata, tandis que le rythme théta celui de Dhiyana, et enfin le rythme de delta (et au delà...) correspond sans doute au niveau du Samadhi. Pour Béta, bien entendu, il s'agit du rythme habituel de la veille.

    Il est intéressant de noter que les rythmes cérébraux alpha théta  et delta correspondent aux périodes de sommeil, et aussi de noter que les périodes de rêves à REM (Rapid Eye Movement) font passer la fréquence du cerveau de delta en alpha. Il est fort probable que les périodes de rêves sans REM se produisent pendant les rythmes gamma et delta. J'attire votre attention sur le fait que les rythmes cérébraux des états profonds de la méditation sont des rythmes réguliers et lents, par opposition au rythme d'éveil qui est désordonné et arythmique.

     

    Le Corps calleux est considéré comme l'organe, dans le cerveau , permettant la communication entre les deux hémisphères. C'est cette connexion qui permet, entre autres, de passer de l'abstrait au concret, mais c'est aussi cette connexion, sans doute, qui permet l'analyse concrète de phénomène subjectif.

    Or, la pratique de la Méditation met en contact l'adepte, préçisément, avec des phénomènes , qui au moins au début de sa pratique, ne sont pas du domaine du ressenti objectif. Certes, on pourrait mesurer les constantes physiologiques comme la fréquence respiratoire, la tension artérielle, ou encore la température, pour en apprécier les effets objectifs, mais ces derniers ne sont pas objectivable par l'adepte lui même lors même qu'il médite. Lui, perçoit d'autres sensations, dont souvent, d'ailleurs, l'expression lui est propre, en fonction de son âge, de sa culture, ou de ce qu'il a à sa disposition de fonctions mentales « élaborées » pour décrire concrètement un ressenti forcément subjectif.

    On a appris aussi qu'un côté du cerveau, un hemisphère cérébral, se spécialise avec le temps pour une tâche en particulier. Broca avait clairement noté que l'hemisphère permettant de parler en un langage intelligible était, le plus souvent dans les cas qu'il a observés, à gauche chez un droitier.

    Ces dernières années, on a bien compris, même si bien des études restent à faire dans ce domaine, que la latéralité d'un individu donné n'est pas simplement question de main « dominante ». Et encore, même dans ce cas préçis, l'écriture reste la référence, alors que nombreux sont celles et ceux qui écrivent de la main droite et couper leur viande.......de la gauche ! L'ambidextrie relative n'est pas si rare que ça.

    Mais fermons pour un temps cette parenthèse.

    La Méditation, si elle est bien comprise , enseignée et pratiquée, à tout intérêt à inclure une (ou plusieurs) techniques de sollicitation du corps calleux. (à ma connaissance, Braibant et Lefebure sont les rares personnes à avoir compris, et surtout mis en pratique cette donnée au cours de leurs études et formations. Plus récemment, Nogier l'as mis en évidence, mais dans un autre champ d'application que la Méditation, en Auriculothérapie). Mais, plus que de dire « corps calleux », qui renvoie à un organe qui peut faire défaut (les agénésies existent), il serait plus judicieux de parler d'organe de connexion droite-gauche.

    Et c'est cette fonction, plus que cet organe, qui permettra d'apprécier les bénéfices de la méditation. C'est pour ça que je disais dans l'opus 5 de cette série sur la Méditation, que la méditation n'est pas une panacée, et encore moins un soin. Les pré-requis, les connaissances au moins théoriques pour en appréhender la pratique sûre, et bénéfique, nécessitent du temps. Des mois lorsqu'on est vraiment motivé, doué et bien guidé ; et sinon des années.

     

    Plus haut , j'avais évoqué les périodes de REM (Rapid Eye Movement) et les périodes de « non-REM », qui sont caractéristiques de certaines périodes du sommeil. Ce sont des phénomènes qui vont avoir lieu également pendant la méditation (à ce propos il faut visionner les vidéos de Sri Chinmoy qui sont très illustratives à ce sujet). Ces phénomènes, absolument naturel et automatiques au cours du sommeil, interviennent, d'une autre façon, au cours de la méditation.

    Contrairement à ce qu'on pourrait croire, je ne vous en ferai pas une description poussée, car mon expérience dans ce domaine est encore en cours pour en produire une synthèse valable.

    Mais je peux vous dire en tout cas, avec certitude ceci : ces phénomènes reflexes apparaissent d'eux même en temps normaux, et continueront à apparaître avec la méditation (aucune Méditation ne saurait se substituer au sommeil physiologique) mais seront parfois vécu avec une "presque conscience" de veille.

    A ce moment préçis de l'entraînement à la méditation, une occasion peut être prise d'influencer directement et très facilement sur son propre rythme cérébral, et franchir, avec une certaine aisance la limite entre Dhyana et Samadhi (cf opus 1 de cette série sur la Méditation). Notez que je ne parle pas là des « rêves lucides » , qui peuvent être considérés comme une forme de méditation, et qui font même partie clairement de l'enseignement du Yoga Thibétain (Doctrine des Rêves), dont la lucidité intervient pendant les rêves, après une période d'inconscience physiologique. Mais j'y reviendrai.

     

     

    A ce niveau, il est intéressant de faire le lien entre la spécialisation d'un hémisphère et l'importance de pouvoir « connecter » l'un avec l'autre de manière lucide et calme. On sait très bien maintenant que les manifestations subjectives perçues au cours d'un trouble pathologique (comme une aura de migraine ou d'épilepsie, une tendance à la psychose, ou un accident vasculaire cérébral) sont en lien avec une mauvaise irrigation d'un lobe temporal ou à une manifestation excessive de ce dernier pour de multiples raisons.

    Lors de la progression au cours de la méditation, la sensibilité aux manifestations propres du lobe temporal progressent de concert. Par une attention particulière aux techniques de communication entre cerveau droit et gauche, l'hémisphère dominant ( l' « analyste » en quelque sorte) , petit à petit, les perçoit et les interprète selon sa culture, son éducation, et par l'aide que peut lui apporter un guide plus expérimenté que lui dans ce domaine.

    Voilà un autre point sur lequel il est important d'insister : à un certain niveau de pratique, il devient nécessaire de pouvoir confronter les expériences de l'élève avec celles de l'instructeur, à condition que ce dernier sache, en pratique, dans les faits, de quoi il parle.

     

    Vous comprendrez mieux maintenant, j'espère, que l'expérience de la méditation , à un niveau avancé, peut être troublante.

    Voilà pourquoi je persiste en disant que la méditation n'est pas une panacée, encore moins un soin. Elle s'inscrit dans une démarche personnelle, forcément, et nécessite la connaissance de ses motivations personnelles, et de ses propres buts. Considérés de cette façon, elle fait prendre conscience à chacun le « pourquoi je vis » et cela n'est pas forcément une sinécure.......

     

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