• POURQUOI EXERCER HORS CONVENTION.......?

     

     

     

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    -primo: le médecin conventionné est devenu une sorte de "porte d'entrée" vers une sorte de malhonnêteté administrativement autorisée: les faux motifs de consultation se multiplient pour obtenir antidepresseurs, méthadone et autres neurotoxiques qui sont revendus "au black" (il y en a même qui vivent de la revente de Viagra....), ou utilisés à des fins d'exploitation humaine (viol ou abus sexuels.....). Le système de soins gratuits (et la malhonnêteté des concernés bien sûr) favorisent ces travers.

    Je pense que les caisses d'assurance maladie le savent, mais que leurs moyens d'investigation et de coercition sont limités.

    Ces mensonges en consultation de médecine ont au moins deux conséquences nocives à court et moyen terme :

    -ils « embolisent » la consultation quotidienne, et retardent (ou prennent la place) des patients qui consultent réellement pour leur santé.

    -ils ruinent la relation de confiance.

    Certains de mes collègues diraient qu'il nous incombe de « faire le ménage ». Je ne suis pas de cet avis. Nous sommes médecins, pas policiers.

     

    -deuxio:de nouvelles pathologies montent en flèche : fibromyalgie, spasmophilie, syndrome de fatigue chronique, etc..... Personne ne sait exactement ce que cachent ces termes. Parfois,et c'est malheureux et inadmissible compte tenu du progrès scientifique, on peux dépister tardivement des maladies parfaitement connues (et quelquefois parfaitement curables) derrière ces soi disants « nouvelles maladies ».

    Plus que jamais, le médecin doit consacrer tout son temps et toute son énergie à des problèmes de ce genre pour proposer une solution thérapeutique la plus adaptée,et le plus tôt possible.

    Dans une pratique où l'abattage est un mode de survie financière, comment est ce envisageable ?

    Pourquoi tant de patients se plaignent, avant tout autre chose, que le professionnel n'a pas pris le temps......de les écouter !!

    J'ajoute que les Agences et Hautes Autorités de Santé ne reconnaissent toujours pas ces pathologies.

     

     

    -tertio: Hormis l'Homéopathie qui est encore et toujours remboursée,mes prescriptions sont, le plus souvent, non remboursées par les caisses primaires : compléments alimentaires, médicaments de prévention autrefois remboursées -et efficaces!-qui ne le sont plus (anti infectieux, anti arthrosiques, compléments alimentaires permettant de lutter contre l'ostéoporose, vitamines diverses, DHEA, médicaments contre l'impuissance, la frigidité, etc...), , etc..... Et je suis amené souvent à intervenir pour des pathologies non reconnues par les Autorités de Santé : Fibromyalgie, Spasmophilie, syndrome de fatigue chronique, etc.....

    Quand aux médicaments homéopathiques, ils sont et restent remboursés. Mais, sans ça, leur prix est le plus souvent dérisoire, comparé à un paquet de clopes........

     

     

    -quatrième point: Je ne suis pas de l'avis d'adopter le Dossier Médical Partagé Informatisé. C'est pour moi un risque trop important de lever le secret Médical, que ce soit délibéré ou de manière pirate, ou encore,....... par « erreur informatique » !!

    En tant que professionnel de la santé, exerçant dans un pays démocratique, nous devrions avoir le CHOIX.

    La convention médicale exclue ce choix. Elle impose.

    Le seul choix qui nous reste est d'en sortir. Gageons que dans l'avenir cette dernière forme de « liberté » risque d'être simplement supprimée........

     

    -cinquième point : l'hôpital n'a plus le temps (puisque soumis également à une logique-illogique de « performance ») d'accompagner les patients atteints de cancer. Les compétences en matière de radiations, chimiothérapies et chirurgies sont de plus en plus élevées (il faut le reconnaître et s'en féliciter), mais c'est au prix d'une déshumanisation de la relation médecin-malade. Trop nombreux sont les patients dans ces cas de figure que l'on retrouve en consultation de Médecine Générale, en proie à la panique, à la depression, parfois à l'humiliation suite à une prise en charge hospitalière par trop « technique ». Les moyens d'accompagner ces patients en Médecine Libérale existent (on a recours à l'Acupuncture, l'Homéopathie, l'Ostéopathie, la Psychothérapie, etc......) et ces moyens nécessitent des consultations longues, souvent d'une heure au moins, dont aucune n'est prise en charge par les caisses primaires d'assurance maladie.

     

     

    -sixième point :La rédaction de bons de transport et de « Démarche de soins Infirmiers » sont par nature,....... administratives ! ….. et, par expérience, très lourdes :il y a des demandes tous le jours dans un cabinet conventionné, et il est choquant de voir acceptés certains bons de transport pour certaines pathologies et pas pour d'autres, qui, pourtant, le mériteraient autant (sinon plus). Leur justification auprès des Caisse, au sein de la convention, est souvent longue, pénible, et aboutit de moins en moins. J'ajoute que ces démarches, le plus souvent délèguées au médecin généraliste, ne sont pas rémunérées.......

    Quant aux affections de longue durée, au poly handicap, qui sont des sujets pénibles mais de plus en plus présents, il devient insupportable de voir des simulateurs escroquer l'ensemble du système de santé, au dépends des autres.

    Ce dernier point finit de ruiner la relation de confiance entre le médecin et le patient. Nous sommes clairement dans une pratique de plus en plus « méfiante ».

    La nature de la relation est pervertie.

    C'est un constat affligeant.

     

     

     

    -septième point : Les maisons de retraite, et structures d'accueil des personnes âgés malades. Elles deviennent, pour beaucoup , des maisons « fantômes ». En tant que médecin en visite, cela fait belle lurette qu'on ne trouve plus de surveillante, et encore moins d'infirmières disponibles. Les salles de soins sont désespérément vides, tout comme le sont l'accueil, et les couloirs......Ah,si, pourtant, il y a les patients-résidents valides qui aident les moins valides autant qu'il peuvent.......

    Les kinésithérapeutes ? Ils ont disparu de la scène depuis environ 7 ans.

    Et vous pouvez toujours espèrer faire intervenir un Kinésithérapeute de l'extérieur....... je devrai dire « rêver » ou lieu d'  « espèrer »....

    Heureusement qu'il reste le personnel hôtelier (cuistots, etc...), et encore, à certaines heures......

    Et je ne vous parle pas du tarif journalier de ces structures déshumanisées........

    Vous me direz, il reste au moins le chauffage.........Certes, jusqu'à quand ?

    Trouvez vous humain que les caisses primaires ne soient pas plus exigeantes ?

    D'ailleurs comment se fait il que ces structures, de plus en plus privées à but lucratif, aient recours à des médecins conventionnés ? C'est simple : cela ne leur coûte rien.

    Ecoeurant.........

     

     

    -huitième point : Les certificats médiaux de non contre indications à la pratique d'un sport:

    deviennent, aux yeux d'un trop grand nombre de patients, un simple « papier », plus encore, un droit indiscutable ! Au bout de 13 années d'exercice de la médecine conventionnée, je sature : je n'en peux plus d'avoir à répéter à ces « fanfarons » qu'il s'agit d'un examen de dépistage. Le refus de sa rédaction, motivé par une anomalie dépistée au cours de l'examen, ne devrait même pas avoir à être justifié  par le médecin, nom d'un Hippocrate!!! or cela devient de plus en plus le cas au fil du temps. Les patients ont des palpitations, fument, sont en surpoids, boivent, se droguent, etc... et ils estiment tout naturellement être apte à pratiquer un sport sans contre indications médicales ! On hallucine........

    je rajoute que cette perte de temps à refuser un papier (qu'ils iront se faire rédiger ailleurs) est complètement bénévole, et se rajoute à la liste des actes non rémunérés du quotidien des MG.

    Enfin, la convention médicale n'incluant pas le remboursement de cet acte, ces « acrobates  du tout- gratuit-et-maintenant » contournent l'obstacle en rajoutant dans la même consultation un autre motif « remboursable »........J'ai accepté aussi pendant des années cette « astuce », à la fois par ce qu'elle a tellement cours dans la plupart des cabinets, et aussi, parce que, comme chacun, il faut bien manger......

     

     

     

    -Neuvième point :Les maladies dégénératives montent en flèche (SLA , SEP,.....).

    En même temps que la multiplication des vaccins........ Ok, tous les vaccins ne sont pas nocifs, au contraire. Mais pourquoi aucun vrai débat à ce sujet ?

    Qu'en est il des friches industrielles qui relarguent depuis 30ans des produits toxiques, comme l'amiante, dans l'air que nous respirons chaque jour?

    A quoi sert notre formation médicale continue sur ces points particuliers ? Je peux répondre à cette dernière question : à RIEN. Ces problèmes ne sont jamais évoqués au cours de notre formation continue. On continue à nous former sur l'évolution des traitements des maladies chroniques que sont le diabète, l'hypertension, et les dyslipidémies, en résumé.......Voilà le quotidien de la formation médicale du médecin « new-age » : connaître les dernières statines, les derniers anti hypertenseurs, les dernières insulines et autres anti diabétique oraux......... Alors attention, je ne dis pas que cela soit vain. Comprenez moi bien : il faut connaître au mieux les thérapeutiques qu'on va être amené à prescrire, c'est certain. Mais se former à mieux soigner les gens ne se borne pas à ça !!!

    Alors ? Toujours convaincu que la convention médicale serve votre santé ?

     

     

     

     

    -Dixième point : 13 ans de pratique "gratuité des soins" m'ont permis de constater que 80% de la population qui consulte dans ce cadre là ne s'implique pas sérieusement dans sa santé. Je les ai connus fumeurs il y a 13 ans, ils le sont toujours aujourd'hui....... Je les ai connus en surpoids par excès alimentaires, diabétiques ou hypertendus en persistant dans les erreurs diététiques : ces derniers n'adaptent ni leur régime, ni leur activité physique, malgré moult consignes répétées, écrites et répétées, et écrites encore au cours des consultations (et je ne parle pas des recours multiples aux différentes spécialités médicales). Il y a même un fumeur l'autre jour qui m'a dit que le tabac devrait être remboursé par la sécu...........on touche le fond.

    Cette tranche de la population vient chercher des « anti » : anti-hypertenseurs, anti-diabétiques, anti-cholesterol, etc............Régulièrement, un peu comme ils vont faire leur course, ils vont chercher leur ordonnance chez leur médecin (qu'ils ne payent pas au final, puisqu'ils sont remboursés. Et la généralisation du tiers payant, c'est la suppression pure et simple de l'honoraire du médecin par le patient. Mais c'est une autre question, et j'y reviendrai plus tard).

    Attention, je ne dis pas qu'il faille supprimer la pharmacopée chimique de la face de la Terre. Nous sommes tous bien content d'y avoir recours, lorsqu'il le faut.

    Je constate simplement que l'application des règles d'hygiène de base (à savoir l'alimentation et l'activité physique adaptées) par les assurés sociaux, n'est pas assuré par la gratuité des soins. Au contraire, on dirait bien que c'est exactement l'inverse qu'elle entraîne !

     

     

     

    -onzième point :

    les 20% qui restent et qui ont la volonté de s'impliquer pour retrouver la santé, demandent et méritent du temps de ma part : Une heure est un minimum. Et je les accompagne pour retrouver leur santé, moi et d'autres intervenants, souvent en collaboration. Cela dure un certain temps, jusqu'à ce qu' ils "retrouvent leur chemin" après bien peu de consultations. Ceux là, je les revois plusieurs années plus tard (en général 2 ou 3), et je suis content de moi.....et d'eux !

    Est il impossible de faire la différence entre accompagner quelqu'un dans sa maladie , et accompagner quelqu'un vers la santé?

    Dans le premier cas, les consultations se répètent laconiquement pour des années, sans progrès réel, et dans l'autre cas,les consultations, rapprochées au départ, s'espacent au fil du temps. On revoit ces derniers de manière épisodique, lorsqu'ils s'éloignent un peu de leur harmonie intérieure, ou bien lorsque la fatalité de la vie les en as écartés.......

    Et ceux qui consultent avec la volonté de s'en sortir, sont prêt à débourser sans être remboursés. Ils comprennent intuitivement que sur le long terme, cela ne leur coûte pas grand chose......

     

     

    -douzième point :

    un autre travers de « la santé gratuite pour tous » véhiculé par la convention médicale :

    l'année passée, alors que j'exerçai sous le régime de la convention, un patient, bénéficiaire de la couverture médicale universelle, et sans doute ayant pitié de moi avec mon vieux portable à ressort, me sort : « oh ben vous n'avez qu'à prendre deux consultations Docteur : moi je paye pas, et je gagne plus que vous ».........Sur l'instant, ça m'a amusé. Et puis, ça partait d'un bon sentiment de sa part. (il est bien évident que je n'ai « pris » qu'une seule consultation de 23€ sur sa carte vitale)

    A bien y réflechir, aujourd'hui, regardez comme nous sommes tombé bien bas :

    il devient impossible de faire la différence entre le véritable « indigent » et les autres.

    Comment faire un « acte gratuit » dans ces conditions ? Et pourtant, j'en ai fait, car j'ai souvent refusé d'être payé par des gens ayant la couverture universelle : après tout, s'ils sont dans cette situation, c'est qu'ils n'ont vraiment pas les moyens d'honorer le médecin (c'est en tout cas ce que je me dis). Dans de rares cas, certains de ces gens, dont la situation sociale justifiait vraiment la gratuité des soins, sont revenus des jours ou des mois après avec un cadeau pour moi.

    Cette « gratification », parce que je les avais bien soignés, est plus substantielle sur le plan intérieur, qu'un billet de 100€. Mais tout le monde ne pourra pas le comprendre.

    Et on ne paye pas les factures non plus avec des cadeaux.

    Voilà une autre raison pour laquelle j'ai choisi d'exercer « à honoraires libres » . L'acte gratuit prend sa véritable valeur !

     

     

     

    -treizième point : au prix de la vie aujourd'hui, une heure à 23€ est un véritable suicide professionnel. Un collègue Bordelais m'avait parlé d'études budgétaires ahurissantes à ce sujet : elles démontraient qu'en dessus de 17minutes de consultation à 23€, les comptes d'un cabinet médical sont déficitaires.

    Qu'on le reconnaisse ou non, les murs coûtent, l'electricité, le chauffage, sans parler des impôts, taxes par les différentes caisses d'assurance ou pension(privés ou publiques) coûtent encore davantage chaque année. Le système français se montre et se veut socialiste, alors qu'en pratique la vie française est fondamentalement capitaliste. Les structures privées (de santé) ne peuvent avoir une action sociale que sous réserve d'une trésorerie conséquente.

    Ce qui n'est plus possible aujourd'hui, aux tarifs conventionnés, sauf à faire de l'abattage quotidien !!Vous comprenez maintenant pourquoi on vous pousse vers la sortie ?

    Alors ? Toujours convaincu que la convention médicale serve votre santé ?

     

    -quinzième point :

    j'ai été le témoin, ces 5 dernières années, de l'évolution des rapports humains entre les « consommateurs de la convention »(qui ne sont pas toujours des malades....loin s'en faut) et les secrétariats médicaux. On s'étonne que des secrétaires fuient le secrétariat médicale ? J'ai entendu des « patients » être odieux, méprisants, impoli voire insultants, envers les secrétaires médicales.

    Certaines se sont même fait agressées !

    C'est une honte.

    Ces comportements n'ont rien à voir avec un cabinet de médecine ou un cabinet de soin.

    Ces comportements ne se voyaient pas, il y a encore 10 ans.

    On touche le fond.

    Et, une fois de plus, j'accuse le « tout gratuit-et-maintenant », message véhiculé (peut être inconsciemment) par la convention médicale, d'être le responsable.

     

     

    -seizième point :

    de plus en plus de mutuelles privées proposent des remboursement de l'ordre de 100% pour des soins dits «hors convention », ou « alternatifs », tels que l'homéopathie, l'ostéopathie, l'acupuncture, etc.....

    Vous me direz, « oui mais pour ça il faut avoir de l'argent ».

    C'est un argument qui ne résiste par à l'analyse et l'expérience : j'ai vu des milliers de patients démunis, provisoirement sans emploi, ou dans d'autres circonstances délicates, trouver malgré cela un budget de 150€par mois pour leur cigarette ou leur alcool. Cela représente deux fois plus que ce que coûterait une mutuelle santé qui couvrirait leurs soins.........

     

    Alors ? Toujours convaincu que la convention médicale serve votre santé ?

     

     

     

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