Je sais que vous êtes toutes et tous-pour les non professionnels, et, parfois, parmi les professionnels de la santé- un peu, pour utiliser un euphémisme, assez perdu(es) face au covid-19.
Devant autant de "directives, "recommandations", "plans de (dé)confinement", et autres billevesées contradictoires ou franchement absurdes qu'une gamine de 7 ans l'autre jour, en pleine consultation, n'a pas manqué de relever, il fallait tenter d'en faire une lecture aussi critique que possible.
En effet, pas un seul organisme de référence en terme de santé (mis à part ceux qui étudient la question depuis 18 ans au moins, à l'IHU de Marseille notamment en France), n'a été chiche d'"avis", "recommandations", "protocoles", ou autre "procédure" bien technocratique. Pour ne citer que l'HAS (Haute Autorité de Santé) , pas moins de 70 avis ont été produit. "Une usine à produire des avis sur un truc qu'on ne connaît pas"; c'est un peu la définition que je donne à mon concierge depuis une quarantaine d'année.
Il est donc de mon devoir de tenter de vous éclairer un minimum.
Voici quelques faits:
-tout d'abord, les médias: pour la plupart, ils représentent une(des) extension(s) tentaculaires des avis (notez bien ce terme) des autorités de santé, et/ou des cabinets présidentiels et/ou ministériels, eux mêmes relayant -ou tentant de relayer-des avis (encore le même terme) de conseils scientifiques "faisant autorité"; parfois des expériences de professionnels de terrain dont la spécificité souvent en impose comme une forme de référence dans le domaine (réanimateur, infectiologue,etc..).
- Or, pour les premiers ( les autorités de santé), la faille essentielle est d'être incompétente sur un sujet nouveau, comme tout le monde, sans avoir les moyens techniques (puisqu'ils ne sont pas sur le terrain et le plus souvent pas des soignants) de développer une expertise. La faille secondaire est leur incompétence médicale globale: prenons quelques exemples bien préçis:
-"nous avons émis des recommandations pour les traitements anticoagulants des patients atteints de covid non grave, ambulatoires. Les anticoagulants sont très loin d'être automatiques" quotidien du médecin du 17 novembre 2020.
Amateurisme. Ce sont les médecins qui décident d'utiliser des anticoagulants (ou pas) selon l'expertise qui est la leur, quelle que soit la maladie. On examine les patients, et on réfléchit, en s'entourant si besoin d'examens complémentaires (sang, radio, écho,etc...), avant de prescrire. C'est là le résultat de 10 années d'études et de pratique minimum, au cours desquelles les médecins s'entraînent à réfléchir et à soigner sans nuire. Les recommandations ne sont en fait que ce qu'elles sont: simplement des recommandations, qu'il convient de critiquer, d'adopter ou de rejeter selon l'expertise du médecin de terrain. Les troubles de la coagulation dans les sepsis sont enseignées en faculté de médecine, et chaque interne est confronté à ces tableaux cliniques au cours de son internat. Il n'y a rien de nouveau sous le soleil là dedans. On se demande d'ailleurs s'il ne s'agit pas là plutôt d'une observation que d'une recommandation. Lisez ce qui suit:
"seules les formes sévères bénéficient des corticoïdes, chez les patients qui nécessitent une oxygénothérapie. (...)" Le quotidien du médecin mardi 17 novembre 2020
On a vraiment l'impression qu'en fait les auteurs de ces lamentables recommandations ne sont finalement que des observateurs (assez mauvais il faut le reconnaître) des médecins de terrain. Par la suite, ces mêmes observateurs incompétents s'empressent de rapporter les soins qu'ils ont observés, en nommant leur propos des "recommandations". C'est vraiment le sentiment qu'on a: "je regarde ce que tu fait, et puis ensuite je t'expliquerai comment tu dois faire, et faudra me croire parce que c'est moi qui te le dit". Pourquoi suis je si caricatural ? Parce que, là encore, l'usage des corticoïdes dans les infections ou les sepsis, c'est une pratique que chaque médecin connaît et emploie avec expertise depuis au moins 30 ans. Là encore, rien de nouveau sous le soleil. Mais je garde le meilleur pour la fin:
"aucun antibiotique n'est à prescrire sauf surinfection bactérienne documentée" Le Quotidien du médecin, 17 novembre 2020.
Alors là, il fallait oser énoncer une c.nnerie paraille. Remarquez au passage que "les cons, ça ose tout, c'est même à ça qu'on les reconnait", comme disait Audiard. Or, cela fait plus de 20 ans que les médecins prescrivent des antibiotiques dans des problèmes broncho pulmonaires, sans "documenter" (comprenez : prélèvement biologique (crachats), lorsque , précisément, suite à un examen clinique, au recueil des antécédents médico-chirurgicaux, à l'évaluation de l'état général du patient, le contexte épidémique (et oui, cela compte aussi!), il a été jugé nécessaire et sans risque pour soigner le patient au mieux avant une décompensation respiratoire pouvant être fatale. Cette phrase de l'HAS met bien en évidence son amateurisme et sa tendance mégalomane. On retrouve ici , en essence, le leitmotiv bureaucratique, parodie de soin : "restez chez vous et prenez du doliprane". C'est affligeant.
- Pour les seconds (les professionnels de terrain), ils partagent la même faille sur la nouveauté que les précédents, avec ceci près qu'ils pourraient devenir experts si les moyens techniques pour soigner étaient à la hauteur des standards du soin dont j'ai la vision, mais aussi si ces moyens leur étaient accordés. Or, cela fait 20 ans que les moyens matériels se réduisent, et au moins 10 ans que le standards du soin régressent (relisez mon post de 2017 à ce propos). Ce sont eux en fait qui, en utilisant "les moyens du bord" (l'oxygène, les anticoagulants, la réanimation pour les hospitaliers; et toutes les formes de soin accessibles en ville pour les médecins de ville en ambulatoire (qui-est ce utile de le rappeler-ne se limitent pas au paracétamol et à l'isolement....), fournissent des éléments d'observation qui sont repris par les HAS sous forme de recommandation. Et comme tout d'abord, les pratiques sont hétérogènes d'un endroit à un autre, les moyens sont ce qu'ils sont à Paris et pas les mêmes à Marseille, et qu'ensuite l'écosystème n'est pas homogène sur un pays, que par ailleurs le terrain de chaque humain est différent, et qu'enfin personne en France ne connaissait les coronavirus de type sars sauf les professionnels de l'IHU de Marseille (il suffit de lire la litterature médicale à ce sujet), que les recommandations sont contradictoires, et fluctuantes selon les sources de données recueillies. En un mot foireuses.
Bien. Alors cette faille de la nouveauté , nous la partagions toutes et tous il y 9 mois. Avec le recul maintenant, vous avez compris que ceux et celles qui ont fait preuve d'humilité sont ceux et celles qui en ont le moins parlé; et que celles et ceux qui en ont maintenant une expertise sont celles et ceux qui ont observé et soigné. Chacun à son niveau: les médecins de première ligne en ville, les médecins d'accueil des urgences en deuxième ligne, et bien entendu les médecins réanimateurs et infectiologues, pneumologues des hôpitaux et autres spécialités qui se sont investit au soin, à l'observation, et à l'étude. A l'étude des cas qu'ils ont eu à soigner, mais aussi à l'étude de la littérature médicale, sans ostracisme thérapeutique.
Avec le recul maintenant de 9 mois, le soin de dizaines et dizaines de patients diagnostiqués positifs ou d'autres patients symptomatiques mais aux tests négatifs (il y en a!), l'étude des cas cliniques et l'étude de la littérature médicale, il est apparent et très factuel qu'on peut soigner avec succès et sans nuire cette maladie, autrement qu'en "restant chez soi et en prenant du doliprane".
Veni, vidi, vici.
Docoach